Raymond Patry

La prison pour avoir agressé une employée du bar le Magog

Pour avoir agressé sexuellement une employée du bar le Magog à Sherbrooke en 2012, Raymond Patry écope d’une peine de deux ans et demi de prison.

L’ancien gérant de ce bar de la rue Dufferin à Sherbrooke avait été trouvé coupable d’agression sexuelle en février 2018 au palais de justice de Sherbrooke. La victime dans cette affaire était intoxiquée au moment où elle a été agressée sexuellement dans le logement de Patry situé dans l’immeuble de l’établissement le 17 juin 2012.

En lui imposant une peine de 30 mois de prison, mercredi, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a axé sur la dénonciation et l’exemplarité.

La juge a retenu comme facteurs aggravants que Patry avait profité de l’affaiblissement des facultés de la victime et de sa position d’autorité pour avoir une relation intime avec elle.

« Cette agression n’est pas mineure. On parle de pénétration vaginale sans protection alors que la victime était dans un état passif », a souligné la juge Desgens qui n’a pas noté de facteur relatif au fait que Patry soit un prédateur sexuel.

Après les gestes, la victime présentait des ecchymoses dans le bas du dos et se trouvait en état de choc. Le lendemain, elle présentait un mal au ventre, entre les cuisses et des saignements aux parties génitales.
Un prélèvement d’ADN a été fait au lendemain de l’agression sexuelle. Cette substance génétique correspondait au profil de Raymond Patry.

« Non seulement elle n’a pas consenti, mais elle n’était pas en état de consentir », avait conclu la juge Desgens à la suite du procès.

La victime a été entendue par visioconférence lors des observations sur la peine qui se sont déroulées, mercredi. Elle présente encore des troubles de l’anxiété et des symptômes post-traumatiques. La victime a lu une lettre qui démontre les répercussions du crime sur sa vie que la juge a qualifié de percutant.
« Aucune sentence ne pourra remettre la victime dans l’état où elle était avant cette agression. Aucune peine ne pourra compenser les traumatismes subis », a signalé la juge Desgens.

Elle avait retenu au procès que l’accusé avait menti autant au tribunal qu’à l’enquêteur à la suite de son arrestation.

« Sa description des événements est tellement invraisemblable qu’il faudrait faire preuve de naïveté, d’aveuglement et d’absence de jugement pour y prêter foi », avait conclu la juge Desgens.

En imposant la peine, la juge a tenu compte de la gravité du crime, de la relation d’autorité et que la victime était dans un état d’ébriété tel, qu’elle était incapable de consentir à une relation sexuelle.

« Vous êtes toujours en déni malgré des versions rejetées par le tribunal et l’agent de probation. Il n’y a pas de conscientisation mineure ou d’empathie à l’égard de la victime qui démontre que vous prenez une certaine part dans ces événements. Quand vous commencerez à vous mettre à la place de la victime, vous pourrez commencer un certain processus de guérison. Cette peine fédérale vous offrira, je l’espère, les outils pour votre réhabilitation si vous le désirez », a indiqué la juge.

Une quinzaine de témoins, dont deux experts en biologie ont été entendus lors de ce long procès qui s’est déroulé entre novembre 2015 et novembre 2017. Des requêtes Jordan et en exclusion de la preuve avaient été plaidées puis rejetées dans cette affaire qui a duré plus de six ans.

Me Joanny Saint-Pierre représentait le ministère public, alors que Me Julie Beauchemin assurait la défense de Raymond Patry.

Le nom de ce dernier sera inscrit pour 20 ans au registre des délinquants sexuels.