L’accusé maintenant âgé de 18 ans, mais qui avait 17 ans au moment des gestes allégués, ne peut être identifié étant donné que les procédures se déroulent selon la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.
L’accusé maintenant âgé de 18 ans, mais qui avait 17 ans au moment des gestes allégués, ne peut être identifié étant donné que les procédures se déroulent selon la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.

La mère de Thomas Cameron exclue d'une partie de l'enquête préliminaire

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
La mère de Thomas Cameron a pu assister à l’enquête préliminaire de l’individu de 18 ans accusé du meurtre au premier degré de son fils survenu au parc Adrien-Cambron de Sherbrooke en août 2019, mais avec certaines restrictions.

La déclaration faite aux policiers à la suite des tragiques événements du 3 août 2019 fait d’elle un témoin potentiel qui pourrait être appelé à la barre lors d’un éventuel procès.

Les procureures aux poursuites criminelles Me Véronique Champagne et Me Nathalie Robidoux ainsi que l’avocate de la défense Me Kim Dingman se sont entendues sur une liste de témoignages auxquels elle pourra assister au palais de justice de Sherbrooke.

Avec une empathie exprimée à la mère de Thomas Cameron et de ses droits comme victime, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec lui a permis d’assister aux témoignages de certains témoins afin de protéger les droits de l’accusé à un procès juste et équitable de même qu’à une défense pleine et entière.

«C’est la seule façon de protéger la tenue d’un procès juste et équitable. C’est autant dans votre intérêt que celle de la mémoire de votre fils »,  a expliqué la juge Desgens au début de l’enquête préliminaire, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

L’accusé conteste l’accusation de meurtre au premier degré qui a été portée contre lui dès le début des procédures.

L’accusé maintenant âgé de 18 ans, mais qui avait 17 ans au moment des gestes allégués, ne peut être identifié étant donné que les procédures se déroulent selon la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.

Une ordonnance de non-publication, émise dès le début des procédures, empêche de relever le contenu des témoignages qui seront entendus au cours des quatre jours d’audience.

Étant donné la diffusion virtuelle de l’audience, la juge Desgens a redoublé les mesures préventives afin que l’ordonnance de non-publication soit respectée.

La juge a d’ailleurs refusé que certaines personnes assistent à l’audition par visioconférence étant donné qu’ils pourraient être appelés à la barre comme témoin lors des procédures.

Étant donné que les parents de l’accusé ont été rencontrés comme témoins, la juge a interdit qu’ils puissent assister à l’enquête préliminaire.

Le débat de l’enquête préliminaire est centré sur les propos délibérés et la préméditation qui font partie des éléments essentiels à prouver pour le meurtre au premier degré.

Chemise à manches longues et jeans, l’accusé a assisté aux procédures dans le box des détenus, mais sans être menotté. Parfois replié les coudes sur les genoux ou droit sur sa chaise, il fixait devant lui lors des témoignages.

Huit témoins doivent être appelés par la poursuite et cinq témoins seront aussi assignés par la défense dans le cadre d’un examen volontaire.

Le technicien en scène de crime, la complice alléguée, le gardien du parc et divers témoins de l’altercation doivent témoigner lors de l’enquête préliminaire.

La mère de la victime ainsi que d’autres témoins civils doivent être appelés comme témoins au cours de cette procédure préalable au procès.

Une partie de la preuve sera faite par visioconférence, une partie en salle d’audience et des documents vidéos seront présentés.

Des documents de preuve ont été déposés par la poursuite, dont le rapport d’autopsie réalisé à la suite du décès ainsi que des photos de la scène de crime.

Dès le début des procédures judiciaires, la poursuite a demandé que le jeune homme, qui est accusé de meurtre prémédité, soit assujetti à une peine pour adulte.

La peine maximale pour un mineur est de 10 ans pour un meurtre au premier degré, alors que la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans est celle imposée pour la même accusation au tribunal adulte.

Une adolescente de 15 ans est aussi accusée dans cette affaire. Elle est accusée du meurtre au deuxième degré de Thomas Cameron.

Les deux accusés adolescents restent en garde fermée dans deux centres jeunesse distincts depuis leur arrestation.