La locomotive de tête avait été inspectée la veille de la tragédie de Lac-Mégantic

« Ce jour-là, je n’ai constaté aucune défectuosité comme telle »

L’inspecteur ferroviaire de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) Yves Gendreau a inspecté la locomotive de tête 5017 au matin du 5 juillet 2013, soit la veille de la tragédie de Lac-Mégantic.

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L’homme de 42 ans a amorcé son témoignage, mardi, au 13e jour du procès devant jury de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie au palais de justice de Sherbrooke.

Les trois hommes sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite du déraillement ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Yves Gendreau a témoigné qu’il n’y avait rien de spécifique à réparer sur la locomotive de tête 5017.

« Tout me semblait correct », assure M. Gendreau.

Invité à commenter les photos déposées en preuve de la même locomotive prises le 14 juillet juillet, il a noté entre autres l’huile accumulée sur les parois du compartiment moteur de la locomotive.

Règles

Le mécanicien de locomotive François Daigle, qui a complété son témoignage, mardi, a affirmé qu’avant la tragédie de Lac-Mégantic, il n’était pas nécessaire pour un mécanicien de la MMA de mentionner le nombre de freins à main qui avaient été appliqués ou si un test d’efficacité avait été fait après avoir immobilisé une locomotive.

En se basant sur un bulletin d’exploitation de la MMA, François Daigle a constaté qu’une nouvelle règle avait été émise le 11 juillet 2013. Il a mentionné en contre-interrogatoire que le contrôleur de la circulation ferroviaire (CCF) devait être informé du nombre de freins appliqués et du résultat du test d’efficacité.

Le témoin a répondu « exact » lors de son contre-interrogatoire mené par l’avocat de Richard Labrie, Me Guy Poupart, que le mécanicien du train devait s’assurer que le nombre de freins puisse retenir le train, peu importe le nombre.

Yves Gendreau

Il a fait la distinction entre les fonctions de mécanicien de train et de CCF.

« Le CCF a la responsabilité du mouvement du train jusqu’à son immobilisation », a souligné M. Daigle. 

Le témoin, qui a travaillé comme mécanicien avec Richard Labrie comme CCF, estime que ce dernier accomplissait son travail de façon professionnelle.  

Les locomotives

François Daigle avait déjà contacté Transport Canada en lien avec les problèmes des locomotives de la MMA.

« Les réponses n’étaient pas satisfaisantes relativement aux locomotives », a témoigné François Daigle.

Il n’avait jamais parlé des problèmes qu’il constatait aux locomotives aux supérieurs de la MMA aux États-Unis, dont Ken Strout, Paul Budge ou Lynne Labonté.

S’il a signalé le problème de la locomotive 5017 à son supérieur Jean Demaître au matin de la tragédie de Lac-Mégantic, François Daigle n’en a pas parlé au mécanicien Thomas Harding avant qu’il quitte Farnham vers Nantes.

« Je n’ai pas parlé à Tom de la 5017 », a confirmé François Daigle lors du contre-interrogatoire de son témoignage.

Le procès présidé par le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure se poursuit, mercredi.