L’année a commencé par une triste affaire sur la rue Paillard le 8 janvier. L’aîné d’une famille de dix enfants, Tom Néron, a tué sa mère Arlène Girard à l’aide d’un couteau.

La fin des enquêtes pour meurtre au SPS

À compter de 2019, le Service de police de Sherbrooke (SPS) ne pourra plus enquêter sur les meurtres commis sur son territoire.

Si la loi sur la police permettait aux corps de police comme le SPS de faire la lumière sur le pire crime du Code criminel dans le cas d’arrestation imminente, sa refonte au cours de la prochaine année fera en sorte que ce sera à la Sûreté du Québec de gérer ces dossiers.

« Nous sommes en transition dans les niveaux de service. Sur les 18 corps de police de niveau 2, nous étions les seuls à vouloir garder les enquêtes pour ce type de criminalité », explique le directeur du SPS, Danny McConnell, qui occupe la vice-présidence de l’Association des directeurs de police du Québec.

Le SPS a eu à intervenir sur les scènes de quatre meurtres en 2018, mais en a gardé la responsabilité de deux devant le tribunal.

L’année a commencé par une triste affaire sur la rue Paillard le 8 janvier. L’aîné d’une famille de dix enfants, Tom Néron, a tué sa mère Arlène Girard à l’aide d’un couteau.

L’individu de 36 ans a été reconnu non criminellement responsable pour troubles mentaux du meurtre pour lequel il était accusé. Son cas a été pris en délibéré par la Commission d’examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec (TAQ). Il demeure détenu au département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu du CUISSS de l’Estrie-CHUS. 

Le SPS a aussi enquêté sur une affaire d’homicide involontaire coupable d’un bébé secoué. Le père de 19 ans est accusé dans cette affaire.

 « L’ensemble des meurtres va relever de la Sûreté du Québec. Les corps de police de niveau 3 vont aussi les conserver. Il faudra maintenant aviser la SQ lors d’enquête où il y a danger pour la vie afin qu’ils puissent la reprendre rapidement », mentionne le directeur du SPS. 

Danny McConnell rappelle que les enquêtes pour meurtre, mais aussi par la suite leur judiciarisation, monopolisent les enquêteurs qui y travaillent pendant plusieurs mois.

« Lorsqu’un dossier se rend devant jury, les enquêteurs doivent être présents au palais de justice pour assister le procureur aux poursuites criminelles. Ce sont des enquêteurs qui ne sont pas disponibles pour travailler sur d’autres dossiers. À la SQ, il y a une division consacrée aux meurtres où les enquêteurs ne font que ça », indique Danny McConnell.

« Une organisation comme la SQ dispose de plus de temps pour ces longues enquêtes. À Sherbrooke, les enquêteurs doivent continuer à gérer d’autres dossiers en même temps. Ils auraient aimé garder les enquêtes pour meurtre, mais il y a tellement d’autres dossiers à enquêter. Il n’y a pas de frustration. Nous allons travailler en partenariat avec la SQ lorsqu’ils viendront enquêter sur ce type de dossier comme nous l’avons fait cette année », ajoute l’inspecteur de la division des enquêtes criminelles du SPS, Stéphane Guimond.

C’est d’ailleurs la SQ qui s’est chargée des enquêtes des deux autres meurtres commis à Sherbrooke en 2018.

François Asselin est accusé du meurtre au deuxième degré de son collègue de travail François Lefebvre. Deux scènes de crime avaient été faites à l’hôtellerie Jardin de ville et dans le parc industriel de Sherbrooke où le corps du déménageur de Trois-Rivières avait été retrouvé le 17 mai dernier. Asselin est aussi accusé du meurtre de son père à Trois-Rivières.

Le 18 juillet dernier, Félix Bergeron a été tué à son logement de la rue Sanborn au centre-ville de Sherbrooke. Robert Sargeant, William Pratte et Brandon Vaillancourt sont accusés du meurtre au deuxième degré du jeune homme de 21 ans.

Ailleurs en région

Accusée du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac à Milan, Kassandra Harpin et Ian Bélanger font face à la justice à Lac-Mégantic

Héliodore Dulac a été retrouvé sans vie à sa résidence du chemin Yard à Milan le 3 juin dernier. Bélanger et Harpin ont été arrêtés en septembre. Ils sont détenus tous les deux.

Le corps de Jean-François Henri a été retrouvé tôt au matin du 19 mars dernier en bordure de la halte du Moulin à Ulverton sur l’autoroute 55. L’individu de 41 ans, de Magog, a été découvert sans vie par un passant vers 7 h. L’homme était connu pour sa feuille de route criminelle bien garni. Henri a trempé dans des affaires criminelles au cours des dernières années autant à Drummondville qu’à Magog. La Sûreté du Québec (SQ) demande l’aide du public afin de recueillir des informations sur cet homicide qui n’a pas encore été résolu.

Jean-Paul Bainbridge s’est vu refuser pour une deuxième fois une permission de sortie avec escorte du pénitencier à sécurité minimum où il est détenu à Laval. L’individu de 48 ans purge une peine de prison à vie pour le meurtre sordide d’Isabelle Bolduc commis à Fleurimont en 1996. La Commission canadienne des libérations conditionnelles (CLCC) a refusé à Jean-Paul Bainbridge des sorties avec escorte. Bainbridge a participé au crime sordide d’Isabelle Bolduc avec Marcel Blanchette et Guy Labonté le 29 juin 1996 lorsqu’ils l’ont enlevée, séquestrée et agressée sexuellement. La CLCC demande aussi qu’une nouvelle évaluation psychiatrique de Jean-Paul Bainbridge soit faite afin de mieux les éclairer.