Réjean Hurdle

La couronne réclame une peine exemplaire pour Hurdle

« Les gestes de menaces restent dans l'esprit des gens qui étaient visés, soit la communauté musulmane et le maire de Sherbrooke. »
La procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion insiste sur l'exemplarité de la peine qui doit être imposée à Réjean Hurdle de Sherbrooke en demandant au tribunal qu'une peine de 12 à 15 mois de prison lui soit imposée.
C'est en affichant « une colère envers le contexte politique actuel » et la communauté musulmane que Réjean Hurdle a reconnu les accusations criminelles de menaces et méfaits publics en mars dernier à Sherbrooke.
Hurdle avait forcé l'évacuation du palais des sports Léopold-Drolet le 8 février dernier, du maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, de son homologue de Québec, Régis Labeaume, et d'autres membres du conseil exécutif de la Ville de Sherbrooke.
L'avocate de la défense, Me Mélissa Gilbert, a plaidé au juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec qu'une peine de six mois, moins une détention provisoire de trois mois, soit imposée à Hurdle.
« C'est un cocktail de consommation de deux bouteilles de vin qui a causé tout ce brouhaha. Il faut tenir compte de son état. Il n'a jamais eu d'intention d'acte terroriste. Il n'avait rien pour passer à l'acte et n'avait aucune connaissance relative à des bombes. C'est une étourderie de quelqu'un qui avait trop consommé d'alcool (...) En visant le maire de ville et un centre sportif occupé, il n'avait aucune conscience de ce qu'il faisait, mais maintenant il le sait », a plaidé Me Gilbert lors des observations sur la peine qui se déroulaient, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.
Me Dorion a cité l'un des appels faits par Hurdle au 9-1-1 rappelant le contexte dans lequel le crime a été commis.
« Aie, tu les osties, ça va faire du bien, ça va débarrasser les osties d'musulmans de tabarnack (sic) ».
Selon le ministère public, Réjean Hurdle se déresponsabilise lorsqu'il utilise sa consommation d'alcool pour justifier les gestes commis.
« Lors de son témoignage il a mentionné que la communauté musulmane avait plus de choses que lui malgré le fait qu'il avait travaillé toute sa vie (...) Une peine d'exemplarité en insistant sur la dénonciation et dissuasion tant générale que spécifique à l'accusé devrait être imposée », estime Me Dorion.
Risque de récidive
Hurdle a reconnu des accusations de menaces envers le maire de Sherbrooke, de menaces envers la communauté musulmane, de méfait public en faisant entreprendre une enquête relative aux explosifs, d'entrave, de voies de fait ainsi que de menaces envers les policiers qui avaient procédé à son arrestation. 
« Le risque de récidive est encore présent. Sous jacents aux crimes, il y a une haine envers une religion. Il faut tenir compte de ce contexte (...) Il y a eu une vaste mobilisation policière et il a mobilisé la ligne d'urgence 9-1-1 », a indiqué Me Dorion.
En plus de la peine de 12 à 15 mois, elle demande l'imposition d'une probation de deux ans avec un suivi médical.
Le ministère public demande aussi un interdit de contact avec Bernard Sévigny ainsi que de se rendre dans les lieux de culte de confession musulmane.
Le juge Chapdelaine a pris la cause en délibéré. Il doit imposer la peine à Réjean Hurdle le 12 avril prochain.
Les appels de Hurdle faits à la centrale 9-1-1 ont forcé l'évacuation de la loge de la Ville de Sherbrooke où les deux maires assistaient au match de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Le match n'a jamais été interrompu, mais des recherches ont été faites dans l'amphithéâtre. 
Réjean Hurdle possède plusieurs antécédents judiciaires qui remontent à 1984.