L’accident de travail mortel est survenu en septembre 2019 dans les installations de d’ArcelorMittal à Fermont.
L’accident de travail mortel est survenu en septembre 2019 dans les installations de d’ArcelorMittal à Fermont.

La CNESST retient deux causes pour la mort du Sherbrookois Vincent Bigonnesse

La CNESST retient deux causes dans l’accident du travail ayant coûté la vie à Vincent Bigonnesse, en septembre 2019 dans les installations d’ArcelorMittal à Fermont.

L’enquête a permis d’expliquer que l’événement malheureux avait été provoqué par une panne électrique générale ayant créé une inondation dans un tunnel principal de l’exploitation minière. La vague générée a emporté deux travailleurs qui s’y trouvaient et causé la mort de M. Bigonnesse.

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« Papa sera là »

La gestion du travail dans les tunnels des épaississeurs était déficiente, ajoute la CNESST dans un communiqué de presse diffusé jeudi. En effet, la perte de contrôle de l’énergie hydraulique à la suite d’une panne électrique n’avait pas été planifiée, bien que le danger ait été connu des travailleurs et de l’employeur.

Vincent Bigonnesse, un soudeur âgé de 30 ans père de deux jeunes enfants, avait quitté la région de Sherbrooke en décembre 2018 pour aller habiter sur la Côte-Nord.

Le jour de l’accident, M. Bigonnesse et son collègue se trouvaient dans un tunnel souterrain. Ils étaient assignés à la réparation d’une fuite à la tuyauterie d’une pompe, raconte-t-on dans le rapport de la CNESST.

« Sur le chemin du retour, une panne électrique est survenue et les a plongés dans l’obscurité. Sachant que cette situation allait causer l’inondation des lieux, ils se sont rendus au tunnel principal pour ensuite se diriger vers l’une des sorties », lit-on dans le résumé du rapport. 

« Une vague est alors venue les frapper, les a fait chuter et les a emportés avec elle jusqu’à l’autre extrémité du tunnel. Les secours ont été appelés sur les lieux. Les deux travailleurs ont été transportés au centre hospitalier, où le décès de M. Bigonnesse a été constaté. »

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur, ArcelorMittal Exploitation minière Canada S.E.N.C., l’accès au tunnel principal, entre le concentrateur et la caserne 2, et aux tunnels secondaires des épaississeurs nos 1 et 3 parce que l’énergie hydraulique n’y était nullement contrôlée. 

Elle a exigé que toutes les venues de liquide pouvant être dangereuses soient cadenassées et qu’un moyen de contrôle permanent soit soumis avant la reprise complète et ininterrompue des opérations.

Le 27 septembre 2019, une autorisation temporaire d’accès aux tunnels a été donnée à l’employeur puisque celui-ci a fourni une analyse sécuritaire de tâches et six fiches de cadenassage comportant 107 points de coupure pour le contrôle de tous les apports de liquide possible. 

Vincent Bigonnesse

Selon Isabelle Raymond, responsable des communications à la CNESST sur la Côte-Nord, l’organisme a un an pour déterminer si on déposera des constats d’infraction. L’entreprise a la possibilité de contester l’amende. Il reviendra à un juge de décider si ArcelorMittal a été fautive ou non et si un montant s’impose. L’amende peut aller de 17 000 à 68 000 $. Dans les cas d’une récidive, le montant peut grimper à 363 000 $, précise Mme Raymond.

La CNESST transmettra aussi les conclusions de son enquête à l’Association minière du Québec ainsi qu’à l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur minier afin que leurs membres en soient informés.

Pour prévenir ce genre d’accident, notamment lorsqu’il s’agit de la gestion du travail dans les tunnels ou du contrôle des énergies, on doit informer adéquatement le travailleur sur les risques liés à son travail, notamment sur le danger d’inondation provoqué par une panne électrique, et s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les méthodes, les techniques et les équipements utilisés pour l’accomplir sont sécuritaires. Par exemple, une méthode de contrôle des énergies, tel le cadenassage, doit être mise en place pour s’assurer que toutes les sources d’énergie hydraulique produites par l’arrêt des pompes sont contrôlées, ajoute-t-on.