Chantale Auclair a du mal à comprendre ce qui arrive à sa fille.

Karine Gagné arrêtée aux Bahamas: sa mère craint le coup monté

Deux semaines jour pour jour après l'arrestation de sa fille, Karine Gagné, accusée d'agression sexuelle sur un mineur lors d'une croisière aux Bahamas, Chantale Auclair a encore de la difficulté à comprendre ce qui a bien pu se produire.
Elle a bien obtenu la version de sa fille, laquelle concorde avec la déposition de la présumée victime, un Américain de 15 ans. Elle s'explique toutefois mal la présence de l'adolescent dans un bar réservé aux adultes, la réaction abusive de la mère du jeune homme et l'inclémence tant des policiers que des systèmes judiciaire et carcéral des Bahamas.
« Comment se fait-il qu'il se trouvait dans un bar et qu'il consommait de l'alcool? Comment se fait-il que sa mère l'ait laissé s'exposer aux femmes comme ça? Est-ce que c'est un coup monté? Ça y ressemble, mais on ne le saura jamais », affirme Mme Auclair.
Interrogée sur les procédures en vigueur sur leurs bateaux à l'égard de la présence de mineurs dans les endroits réservés aux 18 ans et plus, la Norwegian Cruise Line a préféré ne pas commenter la situation. « Nous ne commentons pas les dossiers qui font l'objet d'une enquête », a indiqué la directrice des relations publiques de l'entreprise américaine, Vanessa Picariello.
Ce sont les bonnes performances au travail de la Clotildoise de 23 ans (qui réside maintenant à Bécancour) qui lui ont permis de monter à bord du navire. Le soir de son arrestation, elle se trouvait dans la section casino en compagnie de collègues de travail. Elle s'amusait et dansait, puis a flirté avec l'Américain avant que les deux fêtards prennent le chemin de la salle de bain pour avoir une relation sexuelle.
« Elle lui a demandé quel âge il avait et il lui a répondu qu'il avait 18 ans. S'il n'avait pas été majeur, elle ne l'aurait pas fait, assure Mme Auclair. Elle n'avait pas vraiment de moyen de savoir qu'il était mineur, il était grand et avait une barbe ».
Karine Gagné a d'abord été placée dans une prison insalubre avant d'être transférée à Nassau, dans une cellule aux conditions sanitaires plus appropriées. À son retour devant le Tribunal, le 3 février, elle demandera, par l'entremise de ses avocats, une libération conditionnelle qui lui permettrait de rentrer au Canada en attendant la suite des procédures. Mme Auclair a bon espoir que cette demande lui sera accordée.
« La juge a semblé très compréhensive lors de sa dernière comparution. Je crois qu'elle comprend bien la situation », dit-elle. La juge était vraisemblablement surprise qu'aucun membre du consulat canadien ne se soit déplacé afin d'assister à la comparution et de prêter main-forte à sa concitoyenne. « Elle a dit que c'était la première fois qu'elle voyait ça », explique Chantale Auclair.
Joint en cours de journée, le ministère des Affaires étrangères a pourtant indiqué que le « gouvernement canadien offre une assistance consulaire à une personne de nationalité canadienne détenue aux Bahamas et maintient un contact étroit avec sa famille », tout en ajoutant que par respect pour le droit à la vie privée, il ne ferait pas d'autres commentaires pour le moment.
Le conjoint de Karine Gagné, Raphaël Blouin, avait de nombreuses raisons d'être inquiet à la suite des événements. Non seulement son amie de coeur est-elle gardée prisonnière en territoire étranger, ce sont des événements à caractère sexuel qui ont mené à son arrestation.
« Les gens se posent des questions à savoir si nous sommes toujours ensemble après ce qui s'est passé, la réponse est oui et je vais continuer de la défendre tant et aussi longtemps qu'elle ne sera pas revenue. Oui, je trouve ça difficile et très décevant de sa part, mais je ne pourrai pas connaître la vérité tant qu'elle ne sera pas devant moi et ça va se régler entre nous deux », a-t-il écrit sur sa page Facebook.
La campagne de sociofinancement visant à amasser 25 000$ afin de payer les honoraires des avocats va bon train. Au moment d'écrire ces lignes, on avait amassé 3858$.