Marcel Bolduc : « Un jour sans doute, les assassins de ma fille pourraient être libérés, sauf que nous, [...] nous ne le serons jamais. »

Jean-Paul Bainbridge : « psycopathe, sociopathe et antisocial »

LAVAL — Antisocial, psychopathe et sociopathe. C’est par ces trois qualificatifs que Marcel Bolduc décrit le meurtrier de sa fille Isabelle.

« Nous considérons que Bainbridge ne mérite aucunement d’être libéré, d’aucune façon, et qu’il se doit de poursuivre sa peine de prison à vie, car nous craignons son risque élevé de récidive », a exprimé Marcel Bolduc à l’audience de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), vendredi à Laval.

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Marcel Bolduc a rappelé à Jean-Paul Bainbridge que son crime représentait un châtiment bien pire pour sa famille que la peine de prison à vie qu’il purge.

« Un jour sans doute, les assassins de ma fille pourraient être libérés, sauf que nous, sa famille, nous ne le serons jamais. La sentence à vie, c’est nous qui l’avons et nous devrons la purger jusqu’à notre mort. Il n’y a rien de pire que de perdre un enfant, et surtout de la façon dont ma fille aînée a perdu la vie aux mains de trois criminels, dont deux étaient en liberté conditionnelle et Bainbridge qui venait de terminer une peine pour agression sexuelle sauvage », a indiqué M. Bolduc.

Il rappelle que sa fille Isabelle aurait eu 44 ans cette année.

« Ça fait 22 ans. Isabelle aurait eu 44 ans en janvier dernier, elle mènerait sans doute une carrière professionnelle en musique ou en art et aurait eu sans doute une petite famille. Cela nous a été enlevé à jamais. Ça, c’est une vraie sentence à vie qui nous est imposée, ce qui veut dire que jusqu’à notre dernier souffle, aucune possibilité de libération dans notre cas », a poursuivi M. Bolduc.

Ce n’est pas par vengeance qu’il s’oppose à la remise en liberté de Bainbridge, mais par crainte de récidive.

Il doute de l’encadrement des délinquants hors des murs du pénitencier.

« Personnellement, et sachant que certains de ces bénévoles peuvent être d’ex-détenus, je n’ai aucune confiance envers ce genre de surveillance », soulève Marcel Bolduc.

En pâture

C’est par la voix d’une amie que Julie Bolduc, la sœur d’Isabelle, s’est aussi adressée aux commissaires en fin d’audience.

Même 22 ans plus tard, elle se demande encore si elle aurait pu changer le destin de sa sœur aînée. Alors jeune adulte de 19 ans, Julie Bolduc partageait un logement avec sa sœur Isabelle.

« Bainbridge est l’acteur principal de ce scénario et seulement lui aurait pu changer cette fin atroce pour ma sœur. Je vous rappelle que lui seul a fait le choix cette nuit-là. C’est lui seul qui a enlevé Isabelle, et il l’a offert en pâture à ses deux autres complices », a souligné Julie Bolduc.

Elle demeure convaincue que Bainbridge n’aurait pas séquestré deux jeunes femmes si elle avait accompagné sa sœur le soir du 29 juin 1996.

« Quand la soirée s’est terminée, Isabelle m’a demandé si je voulais l’accompagner au Fleuri-Bar voir un ami jouer de la musique avant de rentrer à la maison. J’ai préféré rentrer à la maison. Le plus grand regret de toute ma vie. Depuis, j’ai refait un million de fois le scénario de cette dernière soirée passée avec elle. Il n’y a pas de doute pour moi, Isabelle serait encore parmi nous si j’avais accepté de l’accompagner à cette deuxième partie de la soirée », a soulevé Julie Bolduc.

Elle ajoute que Bainbridge a aussi des pulsions sexuelles.

« Bainbridge, cette nuit-là vous avez pris la décision de vivre vos pulsions sexuelles et violentes les plus morbides, et cela vous a mené à commettre les quatre pires crimes du Code criminel : enlèvement, séquestration, agression sexuelle et meurtre prémédité en complicité avec Marcel Blanchette », a conclu Julie Bolduc.