Le père d’une victime de Lac-Mégantic, Jean Clusiault, a salué chaleureusement Richard Labrie à l’issue du procès.

« Je n’ai aucune rancune »

Pour le père de l’une des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, justice a été rendue avec l’acquittement de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie.

« Indépendamment du procès, j’ai découvert trois hommes qui sont des gentlemans. Je n’ai aucune rancune envers eux. J’ai parlé avec Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître au cours du procès. Ce que j’ai compris de ces gens-là, c’est qu’ils sont de bonnes personnes », estime Jean Clusiault.

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Les trois accusés jugés non coupables

La négligence criminelle implique un écart comportemental « marqué et important »

Ce dernier a perdu sa fille Kathy lors des événements du 6 juillet 2013.

« Ça termine une autre étape. Je ne tournerai jamais complètement la page du décès de ma fille parce qu’elle reste toujours dans ma tête. Je suis très serein dans tout ça », assure Jean Clusiault.

Selon lui, ce sont les dirigeants de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) aux États-Unis qui auraient dû répondre de la tragédie du 6 juillet 2013, soit le propriétaire Ed Burkhart, le président et directeur général de la MMA, Robert Grindrod, la directrice générale du transport, Lynne Labonté ou le directeur des pratiques d’exploitation, Kenneth Strout.

« Ils auraient pu témoigner par visioconférence, mais ils ne voulaient pas venir au tribunal comme les autres », indique M. Clusiault.

Ce dernier mentionne avoir beaucoup appris lors du procès de trois mois auquel il a assisté.

« J’ai appris sur le plan technique du monde ferroviaire, mais aussi sur le plan humain. J’ai parlé à tout le monde et je n’en veux à personne dans cette affaire-là. Le verdict est tombé en faveur des trois accusés et ça me soulage », soutient Jean Clusiault.

Ce père de l’une des victimes de la tragédie ajoute : « Ce ne sont pas les bonnes personnes qui étaient au banc des accusés. La vie de ces trois personnes-là a été brisée. Ils ne méritaient pas ça. Ce sont des gens qui ont des familles et qui ont travaillé fort toute leur vie. Ce ne sont pas des tueurs. J’ai de la sympathie pour ces trois hommes. Ils sont ruinés mentalement et sûrement financièrement. Leur vie a été brisée. Je suis content que le jury a compris le côté humain là-dedans », rappelle Jean Clusiault.

Présent au palais de justice de Sherbrooke en attente du verdict pendant les neuf jours des délibérations, Jean Clusiault a eu une pensée pour les jurés.

« Je lève mon chapeau au jury d’autant plus qu’ils en sont venus à la bonne conclusion », signale Jean Clusiault.