En état d’ébriété, William Glen De Rainville se trouvait dans le stationnement des Promenades Gatineau, le soir du 4 juin 2016, lorsqu’il a croisé un bulldozer. Le véhicule était libre, sans opérateur, clés à l’intérieur.

Ivre, il prend le volant de son bulldozer pour aller se chercher deux bières

Un homme de 62 ans, arrêté ivre aux commandes d’un bulldozer avec lequel il s’était arrêté à l’épicerie pour acheter deux autres cannettes de bière, promet de ne plus recommencer.

C’est l’histoire, drôle et triste à la fois, d’un résident de Val-des-Monts en attente de sa sentence pour vol de machinerie lourde, dans le secteur Gatineau, le 4 juin 2016.

L’accusé, Willard Glen De Rainville, a dit au juge Mark Philipe, jeudi, qu’il avait cessé de boire il y a un an et demi. « Toutes ces affaires-là, c’est l’alcool, dit-il. Je veux bien vivre, maintenant. J’assume », a dit l’homme, honteux de sa mésaventure.

En état d’ébriété, William Glen De Rainville se trouvait dans le stationnement des Promenades Gatineau, le soir du 4 juin 2016, lorsqu’il a croisé un bulldozer. Le véhicule était libre, sans opérateur, clés à l’intérieur.

L’ivresse, la soif persistante et la vue d’un tel engin ont donné à cet ancien travailleur de la construction une idée pour le moins saugrenue.

Il a monté dans le poids lourd, et tourné le démarreur du bulldozer.

Direction : l’épicerie la plus proche pour y acheter quelques cannettes. Au tribunal, il dira que son amour de telles machines lui a joué un tour, et que la tentation d’en conduire une était alors bien forte...

Les policiers de Gatineau l’ont arrêté sur la rue St-Rosaire, après un bref passage sur le chemin de la Savane, peu après 20 h.

La Couronne a rappelé, jeudi, que la conduite d’un tel engin comportait son lot de dangers, alors que plusieurs personnes occupaient la place publique, en cette nuit de printemps.

Le même public, a rappelé le tribunal, a été chanceux de ne subir aucune blessure.

« J’y toucherai plus »

« Il a fait un carré de rue, a tempéré l’avocat de la défense, Me Jacques Belley. Il n’est pas allé très loin. »

L’accusé a pour sa part raconté sa vie mouvementée au juge Philipe.

Après la mort de sa fille de sept ans, il y a plusieurs années, le sexagénaire a entamé sa chute, et a multiplié les démêlés avec la justice. Tantôt acquitté, tantôt coupable, l’alcool représentait souvent, pour lui, une échappatoire émotive.

M. De Rainville s’occupe aujourd’hui de sa mère âgée, et refuse tout contact avec la bouteille.

« Mon client doit traiter des maladies cardiaques et son diabète. L’alcool est la source de la commission des infractions », a déclaré Me Belley. C’est pourquoi la défense a demandé une peine de prison à purger dans la communauté d’une durée d’un an.

Pour sa part, la Couronne a plaidé en faveur d’une peine de prison ferme de huit mois, soit six mois pour le vol du camion, 45 jours pour la conduite avec capacités affaiblies par l’alcool, et une quinzaine d’autres pour des petits vols à l’étalage et des non-respects d’engagement du tribunal.

Sourire gêné, à sa sortie de la salle d’audience, le principal intéressé a déclaré au Droit : « J’y toucherai plus, au bulldozer... »

Pour sa part, le juge Mark Philipe a pris l’affaire en délibéré jusqu’en mars. « Il y a une grosse différence entre conduire en état d’ébriété une voiture, ou un bulldozer. »