Victime d’intimidation à cause de son changement de sexe, Gabrielle Denault-Toussaint a utilisé l’automutilation comme cri d’alarme.

Intimidée, une ado se porte à la défense des victimes

L’intimidation subie par Gabrielle Denault-Toussaint à cause de son changement de sexe l’a menée à l’automutilation et à son retrait de l’école au printemps dernier. De retour à la rentrée, plus forte et surtout décidée à faire changer les choses, elle s’est levée alors qu’un de ses camarades subissait le même sort qu’elle avait connu.

« Ça m’a rappelé ce que j’ai vécu, j’ai eu mal. Je n’avais pas besoin de me mettre à sa place pour comprendre, car j’y avais déjà été », explique l’adolescente de 15 ans qui étudie en deuxième secondaire à la polyvalente l’Escale d’Asbestos.

« Souvent, on a peur de se lever de peur de devenir aussi la victime, mais si tout le monde pense comme ça, rien ne va bouger. Je ne pouvais pas rester là les bras croisés. » Cet événement de même que son expérience personnelle l’ont poussée à dénoncer l’inaction des jeunes, mais aussi celle de l’école secondaire qu’elle fréquente.

Gabrielle Denault-Toussaint a été victime d'intimidation l'année dernière à cause de son changement de sexe.

Car pour Nathalie Denault, la mère de Gabrielle, la situation a aussi ravivé de douloureux souvenirs. « Un enseignant avait remarqué les marques de mutilation sur les bras de Gabrielle, mais n’avait pas jugé bon de m’en faire part. C’est moi-même qui a dû me rendre à l’urgence quand je l’ai découvert. C’est là que le docteur nous a conseillé de la retirer de l’école », explique Nathalie Denault.

Elle reçoit alors un appel de la direction qui encourage les parents à garder Gabrielle sur les bancs d’école. « Ils ne comprenaient vraiment pas la situation. La seule réaction qu’on a eu de leur part, c’est que la DPJ a débarqué à la maison. » Un événement qui a fortement ébranlé la mère qui a subi de l’anxiété et a même dû cesser de travailler un moment après les événements. « Le problème se passait à l’école, mais c’est nous qui en subissions les conséquences. »

Aujourd’hui, mère et fille se font un devoir de dénoncer l’intimidation et de militer pour des mesures plus strictes. « Le problème ce n’est pas le changement de sexe de ma fille, c’est l’intimidation. Chaque petite différence peut mener à l’intimidation. Il faut que des actions soient mises en place, qu’il y ait de vraies conséquences, pas juste des petites tapes sur les doigts », estime Nathalie Denault.

La mère devait rencontrer le directeur adjoint de la polyvalente lundi afin de discuter de possibles solutions. Si elle a hâte de voir ce qu’il a à dire, elle avoue toutefois que dorénavant, ce sera « tolérance zéro » en ce qui concerne l’intimidation.

Atteint d’une condition rare l’empêchant d’être exposé aux rayons UV (photoporphyrie érythropoïétique ou maladie du vampire), le jeune frère de Gabrielle, William, vient d’entamer son secondaire 1 à la même polyvalente. La mère confie d’ailleurs avoir peur de voir le même scénario d’intimidation.