En entrevue avec La Tribune, Christine Labrie a rappelé à quel point il est important de dénoncer lorsqu’on subit de la violence, même en ligne.
En entrevue avec La Tribune, Christine Labrie a rappelé à quel point il est important de dénoncer lorsqu’on subit de la violence, même en ligne.

Intimidation : la députée Labrie porte plainte

La députée Christine Labrie a porté plainte au Service de police de Sherbrooke par rapport à l’intimidation qu’elle a subie dans les dernières semaines.

« J’ai fait aujourd’hui quelque chose que je n’avais jamais fait de ma vie: j’ai déposé deux plaintes à la police », a-t-elle partagé sur Facebook, vendredi après-midi. 

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«D’abord, il faut être certaine d’avoir quelque chose de solide. Les cas les plus médiatisés de harcèlement ou de menaces sont généralement très intenses, alors on se demande toujours si notre situation est assez grave pour être l’objet d’une plainte. On a fouillé dans les archives pour rassembler les éléments importants, et le policier rencontré semblait trouver qu’on n’avait pas appelé pour rien », poursuit-elle, mentionnant que le processus a duré trois heures. 

En entrevue avec La Tribune, Christine Labrie a rappelé à quel point il est important de dénoncer lorsqu’on subit de la violence, même en ligne. « J’ai encouragé les victimes à porter plainte lorsque c’est pertinent de le faire. J’ai décidé d’être cohérente avec cette invitation et de le faire pour deux situations qui dépassaient les limites », explique la députée solidaire. 

« Ça s’est bien passé, ç’a été bien reçu, enchaîne Mme Labrie. Un policier très compréhensif est passé au bureau et a pris le temps de prendre connaissance des deux situations. Il a pris le temps de documenter, j’ai rempli deux dépositions. Maintenant, le processus va suivre son cours. Je trouvais important de témoigner de ce qui s’était passé. Souvent, on entend dire que les victimes sont mal reçues. Je pense que ce sont des expériences réelles, mais je pense qu’il faut aussi témoigner des positives, pour ne pas que ça décourage les victimes de dénoncer », exprime-t-elle, ajoutant que d’autres députés ont aussi eu à appeler la police pour certaines situations. 

« On est bien encadrés à l’Assemblée nationale pour ce qui est d’assurer notre sécurité, pense Mme Labrie. C’est un privilège que toutes les personnalités publiques n’ont pas.»

Quelles ont été les réactions après sa prise de parole à l’Assemblée nationale, où elle a lu des messages haineux qu’elle a reçus? « Principalement une très grande vague d’appuis. Évidemment, ç’a aussi déclenché quelques messages négatifs, mais je m’y attendais. En fait, je m’attendais à plus de messages négatifs. Ç’a été plutôt isolé. Isolé, mais des messages particulièrement agressifs. C’est pour ça que j’ai porté plainte », résume Mme Labrie.