Le carrefour giratoire était un emplacement de choix pour vérifier l’état de conduire des automobilistes, samedi soir, à Bromont. Environ 750 véhicules ont été interceptés lors de deux barrages routiers.

Incursion au cœur d’un barrage routier

Quelques degrés sous zéro, la neige tombait nonchalamment et l’humidité prenait aux os. Quatre agents et une sergente du service de police de Bromont, accompagnés pendant un moment par deux patrouilleurs de la Sûreté du Québec, ont tenu l’un de leurs nombreux barrages routiers contre l’alcool et la drogue au volant, samedi soir. La Voix de l’Est a été invitée à y assister.

Le moment était bien choisi pour cet exercice qui se déroulait dans le cadre de l’opération VACCIN. À Bromont, samedi soir, la station de ski organisait sa première nuit blanche de la saison, des partys de bureau et des soirées dans les bars avaient lieu en ville, tandis que du hockey senior était à l’affiche­ à Waterloo.

À 22 h, réunis autour d’une table au poste de police de Bromont­, l’agente Ares et les agents Dufort, Plouffe et Fontaine­ reçoivent les instructions de la sergente Caroline Langlois. L’opération se déroulera au carrefour giratoire où se trouve une imposante sculpture de cheval. La Sûreté du Québec a été contactée et, comme ce secteur de Bromont­ est limitrophe avec ceux de la Sûreté du Québec Haute-Yamaska et du poste autoroutier de l’Estrie, l’opération peut se faire conjointement avec des agents de la SQ.

Ils sont équipés d’appareils de détection approuvés (ADA), de fusées routières pour s’assurer d’être visibles, de dossards et de panneaux de contrôle routier, sans oublier les vêtements chauds. « Si vous soupçonnez [des automobilistes conduisant sous l’effet de] la drogue, n’oubliez pas de faire les ECM », rappelle­ la sergente Langlois.

Lors d'un barrage routier, les policiers sont équipés d’appareils de détection approuvés (ADA), de fusées routières pour s’assurer d’être visibles, de dossards et de panneaux de contrôle routier, sans oublier les vêtements chauds.

Détecter la drogue au volant

Les épreuves de coordination de mouvements (ECM) permettent de voir si la personne est capable de reproduire et de maintenir des mouvements simples. Mais avant de soumettre quelqu’un aux ECM, les policiers doivent avoir un soupçon, par exemple si la personne a les yeux rouges et vitreux ou s’il ne parle pas normalement.

Par la suite, s’il échoue les épreuves, « il sera mis en état d’arrestation sous le motif d’avoir conduit avec les capacités affaiblies par la drogue et on fait appel à notre agent évaluateur qui va faire les tests plus poussés, explique sergente Langlois. Il n’y en a pas beaucoup au Québec. C’est très cher de former un agent évaluateur et c’est aussi très technique. Les policiers formés doivent ensuite maintenir leurs compétences de façon très régulière. »

En aidant un service voisin, l’agent évaluateur de Bromont peut maintenir ses compétences.

Secteur passant

Avec les fusées routières et les gyrophares, il y avait de la lumière au carrefour giratoire. Pourtant, certains conducteurs nerveux n’ayant pas vu les policiers se sont fait rappeler à l’ordre.

Patientes, les forces de l’ordre interrogent un à un les automobilistes pendant 1 h 15. « Vous arrivez d’où ? Vous avez fait quoi ? Avez-vous consommé ? Vous allez où ? » En plus d’écouter les réponses, ils observent le comportement des usagers de la route et les passagers.

Certains sont allés chercher leurs enfants qui ont passé quelques heures sur les pentes de ski, dont le père d’une adolescente de 16 ans et son amie. « Je suis chauffeur désigné, lance-t-il à la blague. Les filles ne conduisent pas, mais l’exemple commence jeune. » Elles savent qu’il peut aller les chercher même tard en soirée.

« Il passe des gens venant de partout au carrefour giratoire, note la sergente Langlois. Les gens qui vont au ski, habituellement, repartent par ici. C’est un endroit sécuritaire pour nous aussi. »

Plusieurs disent avoir consommé une ou deux bières sur une longue période. On leur souhaite une belle fin de soirée et ils peuvent passer leur chemin. Un autre fait la nomenclature de ses consommations de la soirée. On lui demande de se stationner derrière le véhicule de patrouille et de souffler dans l’ADA. Après avoir fait les vérifications de ses papiers, on lui donne son congé puisqu’il est en état de conduire.

Les agents de la paix de Bromont se préparent à plus d’une heure de contrôle routier pour l’alcool et la drogue au volant.

750 VÉHICULES, 1 VÉRIFICATION

Deux points de contrôle routier devaient être réalisés par l’équipe de nuit en plus de celui tenu par l’équipe de soir, mais un seul a eu lieu puisque les patrouilleurs ont été occupés par un cas de garde et contrôle d’un véhicule dans le stationnement de Bromont, montagne d’expériences.

Une femme, assise derrière le volant, consommait de l’alcool avec une autre personne dans la voiture. Elle a été arrêtée et devra répondre à des accusations de garde et contrôle avec les capacités affaiblies.

« On fait des opérations préventives comme des patrouilles pédestres durant des événements comme la nuit blanche de Ski Bromont », précise la sergente Caroline Langlois. C’est à cette occasion que la dame a été arrêtée.

Le contrôle routier de nuit a été réalisé à l’intersection de la rue Champlain et du boulevard de Bromont. Au terme des deux opérations policières, environ 750 véhicules ont été vérifiés. Une seule personne a été soumise à l’ADA. « C’est encourageant! »

PLUS FACILE AVEC L'ALCOOL

Les capacités affaiblies par l’alcool sont plus faciles à détecter pour les agents de la paix. « La première chose, quand ils baissent leur fenêtre, c’est l’odeur d’alcool. Ça nous vient assez rapidement, même pour quelqu’un qui a très peu consommé. Évidemment, on essaie de voir l’expression faciale, les gens qui sont nerveux, ceux qui ont les yeux rouges. Si on a un de ces soupçons là, on fait tasser le véhicule et on va pousser notre enquête plus loin. On va commencer par demander permis de conduire, immatriculation et assurance, comme on le fait pour n’importe quelle interception. »

La recherche des papiers peut donner d’autres soupçons selon la nervosité de la personne. Ensuite vient l’appareil de détection approuvé, qui affiche le taux s’il est plus bas que 50 mg d’alcool par 100 ml de sang, la mention « warn » si le taux d’alcoolémie est entre 50 mg et 100 mg, ou « fail » s’il dépasse 100 mg.

On n’arrête pas quelqu’un qui souffle à « warn » s’il n’est pas soumis à la tolérance zéro. Si l’automobiliste échoue à l’ADA, il est mis en état d’arrestation et doit se soumettre à l’alcootest au poste du service de police, qui donnera un résultat précis du taux d’alcoolémie dans le sang. Il peut refuser de s’y soumettre, mais s’expose dans un tel cas à d’autres accusations.

« Ce que la loi nous permet, c’est que dès qu’on a des soupçons, ça nous permet d’utiliser les ECM ou l’ADA, qui vont nous amener à avoir les motifs pour procéder à une arrestation. »