Un nouvel incident est venu alimenter le climat de peur qui règne au département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu.

Incident en psychiatrie: un patient décroche un néon et menace les employés

Un nouvel incident est venu alimenter le climat de peur qui règne au département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu. Alors que ses contentions avaient été mal installées, un patient s’est enfermé dans une pièce dimanche soir et a réussi à décrocher un néon du plafond. Lorsque des employés s’approchaient de lui, le patient menaçait de les frapper avec le néon alors que, au plafond, des fils électriques pendaient.

Le Service de police de Sherbrooke (SPS) a dû être appelé en renfort.

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« L’individu de 30 ans a collaboré à l’arrivée des policiers. Les agents lui ont dit qu’ils allaient l’amener au poste de police et il a dit que c’était bien parfait comme ça, parce qu’il était tanné d’être à l’hôpital », rapporte Martin Carrier, porte-parole du SPS.

La veille, l’homme avait fait des menaces de mort à deux infirmiers du département, ajoute Martin Carrier. « C’est un homme connu du milieu policier. »

L’individu a été accusé de méfait, de bris de conditions et de menaces de mort.


« Ce soir-là, il n’y avait pas d’agent d’intervention disponible pour travailler. »
Un employé du CIUSSS

Cet incident ne fait que raviver la crainte et les tensions qui règnent dans le département de psychiatrie.

« Ce soir-là, il n’y avait pas d’agent d’intervention disponible pour travailler parce qu’ils sont vraiment très nombreux en arrêt de travail. Alors ce soir-là, c’est un surveillant d’établissement qui faisait le travail à la place d’un agent d’intervention. Le hic, c’est que ce n’est pas leur travail d’intervenir auprès des patients. Ils ne sont pas formés pour agir avec ce type de patients, ils ne savent pas installer les contentions et n’ont pas le droit de donner des soins aux patients. On voit le résultat… », déplore un travailleur.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a pas voulu commenter l’incident.

« On ne veut pas commenter chaque incident qui se déroule dans des départements précis comme la psychiatrie, mentionne Annie-Andrée Émond, porte-parole du CIUSSS. Nous poursuivons la formation de notre personnel et nous poursuivons les travaux avec les instances syndicales pour assurer la sécurité des usagers et de nos employés. »

Rappelons que La Tribune dévoilait vendredi dernier que plusieurs employés du département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu, y compris des médecins, craignent pour leur sécurité quand ils se présentent au travail. Quand les patients se retrouvent en situation de crise, il manque régulièrement de personnel formé et compétent pour les contrôler. De plus, les salles d’isolement, essentielles dans ce genre de situations, sont souvent occupées par des patients que l’on ne peut coucher nulle part ailleurs en raison des débordements de l’urgence psychiatrique.

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’est dite bien au fait de la situation. En octobre dernier, un patient a commis une tentative de meurtre sur un agent d’intervention, en plus d’agresser un autre employé, deux jours plus tard. Ces incidents avaient alors donné l’élan à la direction pour amorcer des travaux afin d’améliorer la sécurité de ses employés et des patients. - Avec Simon Roberge