La maison qui était située au 197 de la rue Beaudry, à Magog, a été complètement rasée par les flammes samedi.

Incendie à Magog : inquiétude dans le voisinage

L’incendie qui a détruit une résidence de la rue Beaudry à Magog, samedi, a créé des inquiétudes parmi le voisinage. « On s’aperçoit avec ce feu que c’est difficile de venir jusqu’ici pour les services d’urgence », déplore Chantale Lajoie, une dame qui réside de longue date dans le secteur concerné.

Mme Lajoie habite tout près de la résidence ayant flambé samedi. Elle raconte avoir d’abord entendu deux explosions avant de constater que la maison située au 197 de la rue Beaudry était la proie des flammes.

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« J’ai fait le 9-1-1 en voyant le feu. Mais on m’a dit qu’une personne avait déjà téléphoné quelques instants auparavant », confie-t-elle, tout en notant qu’une troisième explosion a retenti dans les instants suivants.

Chantale Lajoie affirme que les pompiers ont mis du temps avant d’arriver au 197 de la rue Beaudry. Elle laisse ainsi entendre qu’il leur a fallu une vingtaine de minutes pour arriver sur les lieux du sinistre, ce que conteste toutefois le service de protection contre les incendies de la Ville de Magog. 

« Je trouve qu’on n’a pas le service qu’on devrait normalement avoir. C’est difficile de venir ici lors des situations d’urgence. Ce n’est rien pour calmer les inquiétudes que j’avais déjà avant l’incendie », remarque-t-elle.

Cette résidante de la rue Beaudry rappelle que les véhicules d’urgence sont forcés d’effectuer un long détour lorsqu’ils se dirigent vers son quartier, cela parce que le pont de la rue Saint-Michel, qui enjambait l’autoroute 10, a été fermé puis démoli en 2018.

« Je pense qu’ils n’ont pas bougé assez vite une fois que le pont a été barré. C’est désespérant de la part du gouvernement. Il y a tout de même 80 maisons et cinq commerces dans notre coin. On mériterait d’être priorisé. Je comprends que le réseau routier est désuet au Québec, mais on se rend compte avec cet incendie que notre situation est préoccupante. »

« Perte totale »

Habitant une résidence voisine de la maison incendiée, Robert Booth indique que l’inquiétude de Mme Lajoie est partagée par plusieurs. « On se dit tous que, s’il y a un autre feu ici, ce sera à nouveau une perte totale. Et moi, ma crainte c’est que le feu embrase la forêt et se propage sur une grande surface. On est dans le bois après tout », révèle-t-il.

Selon M. Booth, l’intervention des pompiers n’a pas eu l’efficacité souhaitée, durant les premières minutes, parce qu’aucune borne-fontaine ou borne sèche ne se trouvait à proximité du lieu du sinistre. « Ça leur faisait un long détour chaque fois pour avoir de l’eau », affirme-t-il.

Copropriétaire de l’entreprise Pièces et mécanique Omerville, Jacques Boisvert admet également que la situation ne l’enchante guère. Il aimerait que la reconstruction du pont s’amorce le plus rapidement possible. « Ce serait bien que ça se fasse en 2019 », lance-t-il.

Robert Booth

Sylvain Arteau se fait rassurant

Le directeur du service de protection contre les incendies de la Ville de Magog, Sylvain Arteau, tente de rassurer les citoyens habitant le secteur de la rue Beaudry, où une résidence a été détruite par les flammes samedi.

M. Arteau indique ainsi que, quoi qu’en disent certains, les normes du schéma de couverture de risque ont été respectées lors de l’intervention de samedi. « En zone rurale, on a l’obligation d’avoir 10 pompiers en 15 minutes sur les lieux du feu et on a respecté ça. Les premiers étaient d’ailleurs là en une douzaine de minutes environ », dit-il.

Le directeur du service incendie ajoute que, compte tenu des informations dont ils disposaient, les pompiers ont rapidement lancé des « alarmes » supplémentaires. En outre, trois camions-citernes ont vite été dépêchés au 197 de la rue Beaudry, ce qui aurait permis de mettre en œuvre la « stratégie défensive » désirée.

« Je comprends que les citoyens puissent se sentir menacés. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la maison était déjà bien embrasée quand l’appel au 9-1-1 a été logé. Même si le pont avait toujours été là, le résultat aurait été identique », soutient Sylvain Arteau.

Dans la foulée, le grand patron des pompiers de Magog laisse entendre que le service qu’il dirige n’a jamais été aussi efficace. « Ce ne sont plus des pompiers travaillant à temps partiel qui desservent le territoire. C’est quelque chose de rassurant dans le fond. »

D’après les informations qui circulaient samedi, les flammes pourraient avoir été allumées par des cendres chaudes. Mais cette hypothèse n’a pas encore été confirmée.