Jonathan Ouellet, qui ne porte plus la barbichette et la moustache, a déjà été condamné à des peines de 48 et 60 mois de détention, mais il a dit qu’il n’était pas le premier agresseur dans ces affaires-là.

Il perce le pénis de sa victime

Jaloux de voir son ex-copine avec un autre homme, Jonathan Ouellet est allé jusqu’à étrangler le nouvel amoureux, aurait voulu le tuer et lui a transpercé le pénis avec un couteau de chasse.

L’individu de 37 ans est revenu au tribunal devant le juge Raymond W. Pronovost, de la Cour supérieure du Québec, pour les représentations sur sentence. Le ministère public réclame qu’il soit déclaré délinquant à contrôler pour la période maximale de 10 ans, alors que la défense laisse la détermination de la peine au juge, mais ne croit pas que Ouellet doive être déclaré délinquant à contrôler, comme l’a suggéré le psychologue qui a étudié le cas.

Ouellet a plaidé coupable à des accusations de séquestration, voies de fait et menaces, notamment. Il est incarcéré depuis le 4 août 2015, soit depuis plus de 38 mois.

L’histoire d’horreur de la victime de moins de 30 ans remonte au 4 août 2015. Cette journée-là, l’accusé a ramené des objets personnels à son ancienne copine. Après avoir apporté des boîtes dans l’appartement, Ouellet, dont les intérêts sont représentés par Me Mia Mannochio de Montréal, a fait signe au jeune homme de venir s’asseoir dans le véhicule afin qu’il lui parle de sa nouvelle flamme et de ses problèmes de consommation de drogue.

« Je n’ai pas posé plus de questions. J’avais vu Jonathan deux fois auparavant et il avait été gentil. Il m’a dit “on va rouler jusqu’au dépanneur”. Une fois dépassé le dépanneur, j’ai commencé à avoir peur, surtout lorsqu’Alex (Bergeron) a verrouillé les portes. Ouellet m’a dit de ne pas essayer de m’enfuir, qu’il me retrouverait et qu’il s’en prendrait à ma famille », a répondu la victime aux questions de Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Il a d’ailleurs dit à son complice de passer devant chez moi pour me montrer qu’il savait où je demeurais. Il m’a dit que j’étais pour regretter d’avoir couché avec sa blonde. Il m’a reproché le fait qu’il avait perdu sa job et sa blonde avec tout ça », a poursuivi la victime.

Ouellet et son complice se sont ensuite dirigés vers le chemin des Terres rompues dans le secteur nord de Chicoutimi, face à Saint-Jean-Vianney.

Ils ont arrêté le véhicule près d’un secteur avec des herbes hautes. Ouellet a sorti des poignards du dessous des sièges du VUS et a sorti une corde du coffre arrière.

Bergeron et Ouellet ont fait marcher leur victime jusqu’au moment où l’accusé a sauté sur le jeune homme, lui a mis la corde autour du cou et a tenté de l’étrangler.

« Je me suis raidi. J’arrivais à peine à respirer. Voyant que je résistais, il m’a lâché et m’a dit de me déshabiller. Il m’a ensuite dit de tenir mon pénis dans ma main, que lui ne voulait pas toucher à ça. Et avec son couteau, d’un geste du haut vers le bas, il m’a percé le pénis. J’ai eu une lacération de 1,5 à 2 centimètres. Je saignais beaucoup », s’est remémoré la victime.

Sur le chemin du retour, Ouellet a amené l’individu vers un guichet d’une caisse populaire afin qu’il retire de l’argent.

« Il m’a dit que je devais lui donner 1000 $ pour les 10 fois que j’avais couché avec son ex, un chiffre que j’ai donné au hasard pour amoindrir les choses. Il m’a dit de faire un faux dépôt dans une enveloppe et de retirer l’argent. Au départ, nerveux, je n’ai retiré que 600 $. Il m’a amené à un autre guichet pour que je retire ce qui manquait », a ajouté la victime.

Le jeune homme a mentionné au tribunal qu’il se réveillait en moyenne trois fois par nuit, qu’il était en sueur, qu’il dormait avec un couteau sur sa table de nuit et qu’il ne tolérait personne derrière lui, même si les événements remontent à plus de trois ans.

Il a aussi dit avoir encore une marque sur son pénis.

Le complice de Ouellet, Alexandre Bergeron, a aussi livré son témoignage. Il a confirmé les grandes lignes des propos de la victime.

Interrogé à savoir pour quelles raisons il n’avait pas empêché les gestes de Ouellet, le complice a dit qu’il avait peur de l’agresseur et qu’il savait que celui-ci et ses relations étaient des gens redoutés.

« Tu n’oses pas contredire un gars comme ça et je n’étais pas très bien là-dedans. Mais je n’ai jamais cru que ça pourrait aller aussi loin. »

« Lorsqu’il lui a lacéré le pénis avec un couteau de chasse, il lui a dit qu’il ne voulait plus qu’il couche avec son ex. Je n’ai pas voulu regarder ce qu’il lui faisait. C’était trop pour moi », a indiqué Bergeron, qui a eu une peine de deux ans moins un jour en société.

Regrets

Au moment de la présentation de la preuve de la défense sur la peine, Me Mannochio a fait entendre son client en lien avec l’ensemble de sa vie et des événements du mois d’août 2015.

« Je regrette ce que j’ai fait et je ferais n’importe quoi pour revenir en arrière, a lancé l’accusé, essuyant des larmes sur son visage. Je sais que je suis capable de faire ce qu’il faut pour être normal. »

Ouellet a raconté que le jour des événements, il se trouvait dans un mauvais état mental. Il vivait difficilement sa séparation de la femme avec qui il avait partagé deux ans de sa vie.

« J’ai réfléchi en prison et j’ai pris conscience de ce que j’ai fait », a-t-il mentionné.