Jonathan Labrecque profitait de derniers moments de liberté avant d’être condamné à neuf mois de prison au palais de justice de Sherbrooke.

Il agresse un enfant autiste

Coupable de gestes à caractère sexuel sur un enfant autiste sévère, Jonathan Labrecque de Sawyerville se retrouve en prison pour les neuf prochains mois.

Dès le début des observations sur la peine, Labrecque a pris place dans le box des détenus, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

Il a reconnu les gestes troublants devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec qui a entériné la suggestion commune des avocats au dossier.

Labrecque était le conjoint de la mère de deux enfants lourdement handicapés. Il a commis les gestes à caractère sexuel sur l’un d’eux le 30 août 2016.

C’est la mère de l’enfant qui a trouvé son fils, dont la couche avait été enlevée, à la hauteur du pénis de Labrecque, qui était son conjoint. Ce dernier était complètement nu.

« La mère s’était mise à crier. L’accusé avait affirmé vouloir voir la réaction de l’enfant. Aux enquêteurs, il a avoué avoir touché le pénis de l’enfant », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme.

La mère de l’enfant a mis fin à sa relation avec l’individu de 26 ans sans antécédent judiciaire.

« Il ne fait plus partie de la vie de madame », explique Me Ducharme.

La mère de l’enfant a déposé une lettre au tribunal.

« Jonathan Labrecque a enlevé son innocence. Il a mis de la peur dans sa vie », estime la mère de l’enfant.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond a rappelé que Labrecque avait fait des aveux partiels à sa conjointe, puis aux policiers.

« La preuve aurait été difficile à faire lors d’un procès. Ce sont des gestes étalonnés sur une journée. Il a honte et des remords sincères. Il s’est isolé socialement compte tenu des accusations. Il n’a démontré aucune autre déviance », a expliqué l’avocat de la défense qui rappelle qu’aucune sentence ne pourra réparer les torts.

Invité à s’exprimer au tribunal comme le prévoit la loi, Labrecque y a d’abord renoncé.

« J’ai rien à dire… », a indiqué Labrecque en regardant au sol.

La juge Fabi a alors mentionné qu’elle aurait aimé entendre quelque chose de sa part concernant ses remords.

« J’en ai des remords », a balbutié faiblement Labrecque.

La juge a dénoncé les gestes que l’individu a commis avant d’imposer la peine.

« Ce sont des gestes immoraux à l’égard d’une jeune personne sans défense. Comme la mère l’a mentionné dans une lettre déposée au tribunal, il est tout à fait légitime de s’interroger s’il y a eu d’autres événements puisque ce jeune ne peut verbaliser les gestes. J’espère de tout cœur que ce n’est arrivé qu’une seule fois, même si c’est une fois de trop », a signalé la juge Fabi.

La mère de l’enfant croit que le geste dénoncé n’était pas isolé.

« On ne touche pas à des enfants. Aucun enfant ne mérite cela. Mais dans mon cœur et dans ma tête, faire ça à un enfant handicapé qui n’a aucune défense est encore plus écœurant », estime la mère de l’enfant. Le nom de Jonathan Labrecque sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.