Saad Amine Habboub a reconnu avoir battu sa femme alors qu’elle était enceinte, lui avoir planté un couteau dans un doigt et lui avoir proféré des menaces.

Habboub reconnaît avoir battu sa femme enceinte

Saad Amine Habboub n’en était pas à ses premiers gestes de violence envers sa femme lorsqu’il a été arrêté le 15 novembre dernier, dans un stationnement de la rue Kitchener, au moment où il menaçait cette dernière avec un couteau.

Habboub a en effet plaidé coupable, au palais de justice de Sherbrooke, à d’autres accusations de violence conjugale survenues entre les mois de mars 2013 et novembre 2017.

Durant cette période, l’accusé a notamment reconnu avoir battu sa femme alors qu’elle était enceinte, lui avoir planté un couteau dans un doigt et lui avoir proféré des menaces.

Le récit qu’a livré la procureure aux poursuites criminelles, Me Émilie Baril-Côté, à la juge Claire Degens, est accablant. Elle a indiqué que les actes de violence au sein du couple ont commencé à se multiplier six mois après leur mariage. En proie à la jalousie, Habboub s’en prenait régulièrement à sa femme, a relaté Me Baril-Côté, selon une lettre rédigée par la victime et qui a été déposée à la cour.

« Monsieur a toujours pensé que madame le trompait, a résumé Me Baril-Côté. Lorsqu’elle revenait d’un endroit où elle était allée seule, il lui est arrivé de lui enlever ses pantalons pour s’assurer qu’elle ne l’avait pas trompé. Il a déjà utilisé le téléphone de madame dans le cadre où elle voulait demander de l’aide. Il lui a craché dessus régulièrement, il l’a étranglée souvent, il l’a frappé, il a essayé de lui casser une jambe. Lorsqu’elle était enceinte, il l’a également frappé, il lui a planté un couteau dans le doigt et elle a dû se rendre à l’hôpital. C’est dans ce contexte que se sont déroulés les faits », a-t-elle précisé à la juge Degens.


«  Lorsqu’elle était enceinte, il l’a également frappé, il lui a planté un couteau dans le doigt et elle a dû se rendre à l’hôpital.  »
Me Émilie Baril-Côté

Cette dernière a ensuite a demandé à Habboub s’il comprenait bien les accusations portées contre lui et s’il reconnaissait les faits relatés, ce à quoi il a répondu: « Oui, je reconnais que je suis coupable. »

Parmi les autres chefs pour lesquels Habboub a enregistré un plaidoyer de culpabilité se trouve un chef de menaces envers sa belle-mère.

Cauchemar

Rappelons que Saad Amine Habboub a été reconnu coupable de tentative de meurtre, le 1er mars dernier, à la suite de son arrestation survenue dans un stationnement de la rue Kitchener où il menaçait sa femme avec un couteau après l’avoir pourchassé en voiture.

Lors du procès en janvier dernier, celle-ci a raconté avoir vécu un véritable cauchemar à l’intérieur de son véhicule alors qu’Habboub tenait un couteau tout en l’injuriant. Elle était convaincue, a-t-elle dit, que Habboub allait alors la tuer.

Se sachant pourchassée par son mari, elle a raconté avoir volontairement foncé dans un muret avec sa voiture dans l’espoir d’attirer l’attention. C’est finalement l’intervention d’un patrouilleur du Service de police de Sherbrooke qui a mis fin à l’épisode de violence.

Devant ces nouveaux éléments de preuve, la juge Degens a demandé la confection d’un rapport présentenciel d’ici au 22 août prochain, date à laquelle elle entendra les observations sur la peine à imposer.

D’ici là, Habboub demeurera détenu.