Saad Amine Habboub a nié à son procès, mardi, qu’il avait l’intention de tuer la victime alléguée derrière un bâtiment de la rue Kitchener à Sherbrooke le 15 novembre 2017.

Habboub nie son intention de tuer

« Je n’ai jamais eu l’intention de commettre un meurtre. Ça ne m’est jamais passé par la tête. »

« Je n’ai jamais eu l’intention de commettre un meurtre. Ça ne m’est jamais passé par la tête. »

Saad Amine Habboub a nié à son procès, mardi, qu’il avait l’intention de tuer la victime alléguée derrière un bâtiment de la rue Kitchener à Sherbrooke le 15 novembre 2017.

L’homme de 29 ans subit son procès sur cinq chefs d’accusation de tentative de meurtre, de conduite dangereuse, de menaces, de voies de fait armées en utilisant une voiture et de port d’arme dans un dessein dangereux devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Après un long prologue où il a nié la version de son épouse concernant une chicane conjugale du 11 novembre qui serait à l’origine des gestes criminels, Habboub a expliqué les événements du 15 novembre pour lesquels il subit son procès.

L’accusé croit que toute cette affaire est un complot pour l’envoyer en prison et l’éloigner de ses enfants.

Saad Amine Habboub affirme qu’il était perturbé par tous les événements qui se déroulaient dans sa vie et qu’il était en colère lors des gestes du 15 novembre 2017.

« J’étais dans une situation mentale où je n’étais pas bien. J’étais dépressif. Il m’en manque des bouts. Je voulais absolument voir mes enfants », se rappelle Saad Amine Habboub.

Il explique que tous ses gestes étaient motivés par sa fixation de revoir ses enfants.

« Je n’ai jamais dit que j’allais la tuer »

C’est en décidant de partir vers Montréal qu’il a croisé la victime sur la rue en véhicule dans l’ouest de Sherbrooke.

« Je n’ai jamais eu l’intention de lui faire du mal. Je n’ai pas eu le temps de lui parler et elle est partie en crissant des pneus. J’ai essayé de la rattraper pour la raisonner. Avec le stress, j’ai flippé. Ça a dégénéré » , concède Saad Amine Habboub.

Il confirme avoir foncé dans le véhicule de la victime en dérapant de façon accidentelle.

« Je n’ai jamais eu l’intention de lui faire du mal ou de la tuer. Je voulais juste lui parler. J’ai cogné à sa fenêtre pour lui parler. Je me suis mis en colère. J’étais en détresse. Je voulais juste voir mes enfants » , assure Saad Amine Habboub.

Il confirme avoir fracassé la fenêtre du véhicule de la victime avec le manche du couteau.

« Je n’ai jamais eu l’intention de la toucher avec le couteau. Toute cette affaire a dégénéré, mais je n’ai jamais eu l’intention de la tuer », a témoigné Habboub en sanglotant dans le box des accusés.

Il confirme avoir proféré plusieurs insultes en arabe à l’endroit de la victime.

« Je ne l’ai jamais frappée. C’était une bêtise d’essayer de la suivre. Je n’ai jamais dit que j’allais la tuer. Je voulais voir mes enfants, point. Je n’ai jamais eu l’intention de la tuer ou de la blesser », assure l’accusé.

À plusieurs reprises lors de son témoignage, Habboub est revenu sur sa crainte de ne plus revoir ses enfants.

« J’ai fait quelque chose de grave. J’ai pris une voiture. Je constate qu’il y a une gravité dans tout ça (...) Je ne suis pas un meurtrier. Jamais je ne ferais ça », a répété Habboub.

« Il a explosé »

La violence conjugale à l’endroit de son épouse serait à l’origine des gestes que Saad Amine Habboub aurait fait subir à la victime alléguée.

Le matin du 11 novembre 2017, Habboub aurait « pété les plombs ».

« Il y a eu dispute, puis il a explosé. Il a été violent à mon égard. J’ai eu peur de ce qu’il aurait pu me faire », explique l’épouse de Saad Amine Habboub.

La chicane a continué entre la victime, dont l’identité est protégée par le tribunal, qui s’est présenté sur les lieux et Habboub.

« Il lui a donné un violent coup de pied à la jambe (...) Les nerfs étaient à vif. Ça hurlait. Il la traitait de femme de la rue en arabe », mentionne le témoin.

L’épouse de l’accusé explique qu’elle a eu peur pour sa vie.

« Il perdait le contrôle. Il était impulsif. La menace de mort était facile pour lui », signale le témoin.

Elle a porté plainte à la police.

C’est après sa libération sous condition que Habboub aurait commis les gestes pour lesquels il subit son procès depuis lundi.

Le contre-interrogatoire de l’accusé se poursuivra, mercredi.

Les deux avocats au dossier Me Émilie Baril-Côté pour le ministère public et l’avocat de la défense Me Ramy El-Turaby doivent par la suite présenter leurs arguments au tribunal.