Guet-apens rue Comtois: témoignage émouvant de la mère d'un accusé

S’il n’en tient qu’à la Couronne, les quatre auteurs du guet-apens survenu en février 2017, sur la rue Comtois à Sherbrooke, devraient passer au moins les 15 prochains mois derrière les barreaux.

La procureure aux poursuites, Me Isabelle Dorion, a profité des observations sur la peine, tenues mercredi au palais de justice de Sherbrooke, pour réclamer une sentence de deux ans mois un jour de prison pour le « chef de file » Michaël Laplante, 18 mois dans le cas de Folly Bienvenu Amassou-Gagnon et 15 mois de détention pour Ibrahim Monkokole et Lucas Ollive. Une période de probation de trois ans pour les quatre jeunes hommes fait aussi partie des suggestions formulées par la poursuite.

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Un plan à cinq pour battre un individu

Rappelons que les quatre individus ont été reconnus coupables de vol qualifié et d’usage d’une arme lors d’un guet-apens, tournant autour d’une copine et d’une dette impayée.

Me Dorion a indiqué à la Cour que les crimes commis étaient graves et que les fractures au visage subies par le jeune homme dans cette affaire justifiaient amplement les peines de détention réclamées.

TÉMOIGNAGE ÉMOUVANT

L’avocat de Lucas Ollive, Me Michel Dussault, a fait témoigner la mère de son client, qui est venue expressément de Lyon, en France, pour témoigner en faveur de son fils.

Pleurant à chaudes larmes tout au long de son témoignage, Paulette Delmas Eyenga, a dit au juge Conrad Chapdelaine que sa vie est devenue « un calvaire et un cauchemar » depuis qu’elle avait appris que son fils avait été inculpé puis condamné pour vol qualifié et usage d’une arme lors d’un guet-apens, survenu en février 2017

« Je suis tombée de tellement haut, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je suis tombée de haut », a péniblement raconté Mme Eyenga lorsque la procureur de la poursuite, Me Isabelle Dorion, lui a demandé dans quelles circonstances elle avait appris que son fils avait des démêlés avec la justice québécoise.


« C’est lui qui m’encourageait lorsque j’avais de la difficulté. »
Paulette Delmas Eyenga

Elle a raconté que, pour la première fois depuis son arrivée au Québec, il y a six ans, son fils avait refusé l’an dernier d’aller passer deux mois en France, comme c’était son habitude. « Chaque fois que je lui demandais s’il allait bientôt venir à la maison, il me répondait toujours : ‘Je ne peux pas, maman. Je ne peux pas.’ Lorsque je lui demandais pourquoi, il me disait qu’il était trop occupé… Ce n’était pas normal », a-t-elle raconté à travers ses sanglots.

Elle dit avoir appris les véritables raisons de son refus par l’amie de cœur de son fils, qui lui a raconté que celui-ci faisait face à la justice. « Lorsque je l’ai appelé, il m’a dit : ‘Je regrette de ne pas te l’avoir dit avant, maman. J’ai fait du mal à quelqu’un. J’ai honte! ‘, a-t-elle poursuivi. « Il m’a dit que s’il ne m’en avait pas parlé avant, c’était parce qu’il voulait me protéger… »

Mme Eyenga a poursuivi en racontant à quel point son fils l’avait épaulé lorsqu’elle avait décidé de retourner aux études en soins infirmiers. « C’est lui qui m’encourageait lorsque j’avais de la difficulté. Il me disait toujours de ne pas abandonner, de garder la tête haute et que tout allait bien aller ».

Assis dans le box des accusés, Lucas Ollive a écouté le témoignage de sa mère sans broncher, les yeux fixés vers le plancher et sans jamais lever la tête.

Elle a ajouté que son fils avait décidé de venir au Québec, il y a six ans, afin de « poursuivre ses études et de se faire une vie ici. ». Jamais, a-t-elle répété, elle n’aurait cru un jour voir son fils en prison. « Ce n’est pas mon fils », a-t-elle ajouté, à l’endroit du juge Chapdelaine.