Gestes sexuels sur une mineure: Charland condamné à 5 ans et 4 mois de prison

Amateur de pornographie juvénile comme en font foi une reconnaissance de la possession de ce matériel illégal durant près de quinze ans, Michel Charland de Sherbrooke a reconnu être passé aux actes sur une fille de son entourage.

Pour ces gestes, le récidiviste en matière sexuelle sur des enfants a été condamné, mercredi, à cinq ans et quatre mois de prison par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

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Multiples gestes à caractère sexuel : Charland reste détenu

« J’espère que la réflexion que vous avez faite va apaiser les blessures de la victime et sa mère. Vous semblez avoir pris conscience des gestes commis. Vos explications n’excusent pas les gestes mais peuvent en partie les expliquer », signale la juge Fabi.

La détention provisoire depuis février 2018 comptabilisée à temps et demi, fait en sorte que Charland devra purgera encore quatre ans et deux mois de prison.

L’homme de 62 ans a plaidé coupable aux accusations de contacts sexuels, d’incitation à des contacts sexuels, de production de pornographie juvénile entre septembre 2011 et décembre 2017. Il a aussi reconnu la possession de pornographie juvénile entre mai 2003 et février 2018. Charland possède des antécédents en matière de crimes à caractère sexuel.

La victime avait entre 6 et 13 ans et demi lors des gestes commis par Charland qui avait entre 55 et 61 ans. Charland a amadoué la victime puis sa mère afin de créer un climat de confiance.

Les gestes sexuels ont été répétés à plusieurs reprises. La victime a signalé que Charland la touchait à des parties intimes. L'accusé demandait aussi à la fillette de la toucher. Lorsqu'elle refusait, Charland insistait jusqu'à ce qu'elle se plie à ses demandes. 

La victime s’est adressée au tribunal en lisant une lettre qu’elle a déposée au tribunal.

« Ce que tu m’as fait, ne le fait pas vivre à personne d’autre. Une agression sexuelle est dure à vivre.  Ça m’a fait mal. Ce que j’ai subi m’a traumatisé à vie. Tu mérites bien les barreaux en prison », soutient la victime de Charland dont le courage a été souligné par la juge Fabi.

Michel Charland

La victime a mentionné que le secret pesait lourd sur ses épaules.

« J’ai toujours eu peur quand tu m’as fait des choses intimes. J’avais toujours peur même quand je ne te voyais pas », a indiqué la victime qui a pu compter sur le soutien du chien Kanak du SPS.

Plusieurs éléments, qui ne peuvent être révélés pour ne pas identifier la victime ou ses proches, expliquent pourquoi la mère de l'enfant lui a permis de se rendre chez Charland.

« Je ne te pardonnerai pas ce que tu as fait vivre à ma fille. J’avais confiance en toi. J’étais anéantie lorsqu’elle m’a annoncé ça. Je me sentais coupable de ne pas l’avoir protégée. Elle faisait des cauchemars. Elle disait qu’elle était intimidée à l’école, alors que c’est toi qui l’intimidais. Si je l’avais su, je ne l’aurais jamais laissée dormir chez toi », signale la mère de la victime.


«  Les agressions ont faussé ma définition du mot amour. »
Michel Charland

Charland reconnaît 25 à 30 événements à caractère sexuel.

Charland a écrit une lettre en détention qu’il a lue à l’intention de la plaignante et sa mère.

Il affirme avoir subi plusieurs agressions dans son enfance marquée par la violence.

« Les agressions ont faussé ma définition du mot amour. Dès mon jeune âge, j’ai été sexualisé. C’était toujours la même affaire, c’était la loi de l’omerta. Il n’y avait personne pour nous aider », affirme Charland qui a noyé ses problèmes dans l’alcool.

Il a tenu à remercier la victime d’avoir eu le courage de le dénoncer.

« Je suis désolé d’avoir posé ces gestes. J’espère qu’elle recevra toute l’aide pour retrouver un épanouissement normal »,  signale Michel Charland.

Son nom sera inscrit à vie au Registre des délinquants sexuels.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre et de l’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux