Gestes de violence envers un enfant: une éducatrice retire son plaidoyer de culpabilité

SHERBROOKE - « Je ne vais pas imposer une sentence à une personne qui nie avoir commis le geste. »

Une éducatrice en milieu familial privé qui avait reconnu avoir eu un geste brusque envers un enfant qu'elle avait sous sa responsabilité à Sherbrooke a retiré, jeudi, son plaidoyer de culpabilité.

Lors de son témoignage au moment des observations sur la peine, l'accusée a nié avoir commis le geste brusque du 1er mars 2018 qui lui était reproché sur un enfant de moins d'un an.

Une voisine a filmé un geste commis par la gardienne d'enfants.

La vidéo présentée au tribunal montre l'enfant avec sa bavette relevée. On y voit alors la tête qui recule et un doigt qui pointe vers lui.

L'accusée avait reconnu une accusation de voies de fait simple devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

Cependant le témoignage de la femme de 55 ans lors des observations sur la peine, jeudi, a incité la juge à accepter le retrait du plaidoyer de culpabilité.

« Ce que j'ai vu sur le film. C'est moi c'est certain. Oui quelque chose s'est passé. Il y a eu un geste brusque de ma part, mais je n'ai jamais eu l'intention de le frapper. Je ne sais pas c'est quoi ce geste brusque. On me voit faire un geste, mais je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour-là. C'est moi qui suis là. Je n'ai aucune idée de ce que j'ai fait, mais l'enfant a eu vraiment peur », a expliqué l'accusée dont l'identité ne peut être dévoilée pour ne pas identifier la victime.

La juge a alors affirmé se retrouver devant une situation « délicate ».

« J'ai un plaidoyer sur une accusation de voies de fait. Madame indique qu'elle ne s'en souvient pas. Elle ne reconnaît pas le geste et l'intention. Elle nie le geste. On est en matière criminelle. Si elle ne reconnaît pas le geste, c'est un procès que l'on doit fixer pas une peine. Elle ne reconnaît rien qui constitue un geste de voies de fait ou une tentative de voies de fait. Je ne peux pas acquitter quelqu'un sur une peine. Actuellement, madame explique des choses plus de la teneur d'une défense que de la reconnaissance d'un geste criminel », a déterminé la juge.

La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme et l'avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l'aide juridique effectueront le procès le 27 mars 2019.