Les Frères du Sacré-Cœur font à nouveau l’objet d’une demande de recours collectif.

Frères du Sacré-Coeur : un 2e recours collectif bientôt autorisé ?

Les Frères du Sacré-Cœur font à nouveau l’objet d’une demande de recours collectif. La firme d’avocats Kugler Kandestin voudrait en effet tenter de convaincre la Cour supérieure que les Frères du Sacré-Cœur ont agressé sexuellement des adolescents à de multiples endroits au Québec et souhaite obtenir un dédommagement pour chacune des victimes alléguées.

La requête de Kugler Kandestin a été déposée au début de 2019. Outre les Frères du Sacré-Cœur, elle vise les Œuvres Josaphat-Vanier, la Corporation Maurice-Ratté et le Fonds Jules-Ledoux.

Mardi matin, au palais de justice de Sherbrooke, la Cour supérieure a commencé à entendre les arguments de la firme d’avocats plaidant en faveur de l’autorisation du recours collectif réclamé.

Les agressions qui sont reprochées aux Frères du Sacré-Cœur se seraient déroulées entre les années 1940 et 1990. Elles auraient eu lieu dans divers établissements rattachés à la communauté religieuse. Les écoles Notre-Dame-du-Rosaire et Saint-Jean-Baptiste, à Sherbrooke, ainsi qu’une école située à Roxton Pond sont notamment mises en cause. On cible de plus l’école Saint-Eugène et l’organisation des Petits chanteurs, à Granby.

Il importe toutefois de préciser que le Collège Mont Sacré-Cœur, à Granby, n’est pas inclus dans cette requête puisqu’une demande de recours collectif pour ce lieu d’enseignement précis a déjà été autorisée.

Le demandeur

L’homme qui agit à titre de demandeur dans le cadre de ce nouveau dossier est âgé de 55 ans. Il a fréquenté durant son adolescence le Manoir seigneurial des Éboulements. Sur place, le frère Léon Maurice Tremblay l’aurait agressé à plusieurs reprises. Les faits se seraient produits en 1978 et 1979, selon ce qu’on peut lire dans la requête.

Lors de son premier séjour au Camp Le Manoir, le demandeur se blesse à une hanche et cela lui vaut de rencontrer le frère Léon Maurice Tremblay, qui occupe la fonction de responsable de l’infirmerie à cet endroit.

Alors qu’il examine l’adolescent, le frère Tremblay se permet de lui frôler les organes génitaux par-dessus ses sous-vêtements. Le garçon se retrouve en état de choc, mais le responsable de l’infirmerie lui assure que « c’est normal ».

Par la suite, à la demande de l’adulte en autorité, une séance de masturbation mutuelle a lieu. L’adolescent sera invité à ne parler de ces événements à quiconque.

De nouvelles agressions auraient été perpétrées pendant les jours suivants de même que lors du second séjour du demandeur au Camp Le Manoir. Chaque fois, l’agresseur est le frère Tremblay.

Selon ce qui est rapporté dans la requête, le demandeur a été durement affecté par ces agressions. Il a commencé à se méfier des autres, a consommé de la cocaïne durant une partie de sa vie et a tenté plusieurs fois de se suicider.

Le demandeur a rapporté les agressions dont il aurait été victime à la police en 2014. Le frère Tremblay a été arrêté par les policiers en 2016 puis est décédé l’année d’ensuite. Il aurait indiqué vouloir présenter ses excuses à sa victime, ce qui amène la firme Kugler Kandestin à soutenir qu’il a indirectement avoué ses fautes.

D’autres cas

D’après les informations obtenues par la firme d’avocats, l’agresseur présumé aurait commis plusieurs autres agressions sexuelles au sein d’établissements qui appartenaient aux Frères du Sacré-Cœur. Mais il ne serait pas le seul membre de cette communauté religieuse à s’être comporté de la sorte hors du Collège Mont Sacré-Cœur.

Pour Kugler Kandestin, il apparaît clair que la communauté religieuse « n’a rien fait pour protéger les enfants sous sa garde. Elle a omis d’instaurer des politiques et des mesures de surveillance qui auraient permis de prévenir ou de mettre fin aux agressions ».

Dans un premier temps, le demandeur souhaite obtenir près d’un million $ pour lui-même et 15 M $ pour le groupe de victimes qui est en voie de se former. Des demandes de dédommagements additionnels seront normalement formulées plus tard, si le recours collectif est autorisé.