Félix Pagé lors de sa comparution le 7 février.

Félix Pagé va en appel

Félix Pagé porte sa cause devant la Cour d’appel du Québec.

Celui qui a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 18 ans le 14 février à Drummondville a déposé un avis d’appel devant le plus haut tribunal du Québec.

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Pagé a été condamné à la prison à perpétuité après avoir été reconnu coupable par un jury du meurtre au deuxième degré de Roland Baker et d’outrage à un cadavre.

S’il se défendait seul lors du procès qui s’est déroulé au début 2019, Pagé a retenu les services de Me Jean-Pierre Gagnon et de Me Ngoc Thang Nguyen en appel.

Ils demandent d’annuler le jugement rendu le 7 février 2019, d’acquitter Félix Pagé ou d’ordonner la tenue d’un nouveau procès.

Les avocats invoquent plusieurs erreurs de droit dans l’avis d’appel déposé en début de semaine aux greffes de la Cour d’appel à Montréal.

Selon la défense, le juge Alexandre Boucher de la Cour supérieure aurait dû permettre au jury de se prononcer sur le verdict d’homicide involontaire coupable, alors que seul le verdict de meurtre au deuxième degré avait été soumis.

Le juge aurait aussi erré en droit dans ses directives au jury.

Les avocats de la défense invoquent des erreurs de droit relatives au rejet d’une requête en exclusion de la preuve de la défense.

Selon l’avis d’appel, le juge aurait aussi commis une erreur en acceptant en preuve une déclaration faite sur vidéo par l’accusé le 24 mai 2017 à la suite des gestes commis.

Toujours selon la défense, le juge Boucher aurait erré en droit « en accordant aussi rapidement la requête pour cesser d’occuper des anciens procureurs » et en poursuivant le procès sans ajournement afin que Pagé puisse faire un choix « libre et éclairé » de se représenter seul.

Selon les avocats de Pagé, le juge Boucher avait le devoir de fournir une assistance raisonnable à une défense pleine et entière.

La défense reproche aussi au juge de ne pas avoir libéré deux jurés au procès qui avaient informé le tribunal de leurs liens avec des policiers impliqués au dossier.

Les arguments des avocats de Pagé seront plaidés au cours des prochains mois devant un banc de trois juges de la Cour d’appel du Québec.

Selon la preuve, Pagé a tué Roland Baker, âgé de 60 ans, en lui assénant au moins quatre puissants coups de bâton de baseball et de barre à la tête le 22 mai 2017. Il a infligé des blessures à monsieur Baker avec une arme piquante et tranchante, vraisemblablement un couteau. Ensuite, il a décapité, démembré et partiellement éviscéré le corps de la victime avec une scie égoïne pour le dissimuler dans un réfrigérateur.

Pagé a nettoyé la scène pour dissimuler son crime et a même arraché une partie des murs et des plafonds. Pagé a même prétexté un contrat de démolition avec Roland Baker pour dissimuler des preuves et expliquer sa présence dans le domicile de la victime.

Le mobile précis du crime reste nébuleux.

C’est Me Magali Bernier qui représentait le ministère public lors du procès.