Tom Néron

Évaluation psychiatrique judiciaire pour Tom Néron

Accusé du meurtre de sa mère, Tom Néron sera évalué sur son aptitude à comparaître.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras a demandé que Néron soit évalué par un psychiatre judiciaire afin de déterminer s’il a les capacités cognitives d’affronter le processus judiciaire.

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Le juge Charles Ouellet de la Cour supérieure s’est rendu aux arguments de la poursuite pour ordonner l’évaluation psychiatrique de Néron, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

Tom Néron est accusé du meurtre au deuxième degré de sa mère Arlène Girard, sur la rue du Paillard dans le secteur de Rock Forest le 9 janvier dernier.

L’évaluation sur la responsabilité criminelle de Tom Néron au moment où il aurait asséné des coups de couteau mortels à sa mère, en janvier dernier à Sherbrooke, demandée à la suite du dépôt des accusations concluait à sa non-responsabilité criminelle au moment des faits.

L’individu de 35 ans a témoigné devant le tribunal pour s’opposer à cette évaluation sur son aptitude à comparaître.

« J’ai commis un acte. On me demande si je suis capable d’y réfléchir et d’en parler et avec les gens de la profession juridique », a expliqué M. Néron.

Aux questions de son avocat Me Marc-André Champagne de l’aide juridique, Néron a pu expliquer les fonctions du juge et des avocats. Il est capable de se situer dans le temps et dans l’espace.

« Je juge que je serais apte à subir un procès. Je suis conscient d’avoir commis quelque chose. J’aimais ma famille. Je l’aimais de tout mon cœur », a témoigné M. Néron.

La psychiatre judiciaire Dre Martine Bérubé a témoigné des justifications relatives à cette demande du tribunal.

« Il faut évaluer l’impact de ses symptômes sur ses choix. Ils vont orienter la finalité du procès. Tom Néron est encore en psychose. C’est un monsieur intelligent. Il est capable de camoufler ses symptômes. Il a été questionné pendant deux minutes sur le rôle du médecin . Après une trente minutes ou une heure, on voit apparaître les symptômes de psychose. La pensée est un labyrinthe. On voit alors que c’est grave et sévère», explique la Dre Bérubé.

C’est en procédant à l’évaluation psychiatrique de Tom Néron relativement à sa responsabilité criminelle au moment des gestes que la psychiatre judiciaire a pu déterminer de la psychose non contrôlée de Tom Néron.

« Ses symptômes de psychose sont des délires religieux. Il a des besoins de lire plusieurs bibles pour les comparer, pour comparer les religions. Son  délire s’est étendu à l’Hôtel-Dieu où on l’a évalué et où il avait des suivis. Il pense comme si l’hôpital allait le transformer, le changer. La raison fondamentale est que l’hôpital le transforme en fanatique religieux. Le lien entre l’hôpital et ses délires est le nom de l’hôpital, Hôtel Dieu. Il n’arrive plus à faire confiance au système hospitalier. Ses dires ont tellement intenses qu’elles influencent son jugement et les décisions qu’il peut prendre. Il est complètement envahi par la psychose ce qui peut influencer sa capacité de pensée », explique Martine Bérubé.

Elle affirme que Tom Néron est diagnostiqué de schizophrénie depuis une dizaine d’années. Tom Néron a été évalué de la mi-février à la mi-avril. Elle a passé une vingtaine de rencontres avec Néron  ses assistants l’ont aussi rencontré.

« Il est aussi malade qu’il y a un mois, deux mois ou six mois. La médication qu’il prend ne permet pas de contrôler sa maladie. Il présente les mêmes délires qu’en début d’hospitalisation. Il a des hallucinations qu’il en vient à penser que sa pensée est contrôlée à distance par des policiers, le gouvernement et l’hôpital et qu’il impose sa pensée. On a observé qu’il veut se réfugier en prison. Il est libre de réfléchir à Dieu, à la religion et au sens de sa vie. C’est plus simple pour lui d’être en prison où personne ne vient l’interroger. Ça m’interroge », souligne la Dre Bérubé.

Tom Néron a complété son Cégep et a commencé des études universitaires.

« C’est long et complexe questionner M. Néron. Il collabore dans la mesure comme une personne qui a une maladie grave et en décompensation. Il produit des symptômes de psychose, mais qui n’est pas bien traitée par les médicaments. Il répond aux questions, mais dans un processus altéré par la psychose », mentionne la psychiatre judiciaire.

Arlène Girard était mère de dix enfants. Tom Néron demeurait à la résidence familiale où il a été arrêté à la suite des gestes posés.

Tom Néron reviendra devant le tribunal le 14 mai prochain pour le dépôt du rapport d’évaluation psychiatrique.