Éric Garneau n'oublie pas Nathan

Six ans après avoir vécu le décès de son fils, Éric Garneau a commencé à revivre.
« Ce qui est dur demeure de ne pas oublier mon fils. Je dois maintenant m'occuper de mes deux autres enfants. J'apprends à vivre sans Nathan », indique le père de Nathan Garneau.
Il revoit son fils disparu à travers ses deux autres enfants qu'il a eus avec une nouvelle conjointe.
« Je revois Nathan à travers les yeux de ma fille de deux ans. Elle lui ressemble beaucoup. J'ai aussi un autre petit garçon qui a quatre mois. Les souvenirs de Nathan sont encore présents. Je vis les mêmes choses avec ma fille que j'ai déjà vécues avec Nathan, que ce soit prendre l'autobus ou d'aller glisser dehors », indique Éric Garneau.
Ce dernier a déploré devant le tribunal ne pas avoir été considéré comme une victime d'acte criminel lors du décès de son fils par Nancy Landry qui était alors son épouse.
« J'ai eu toutes les conséquences d'une victime sans être considéré comme tel. J'aurais aimé que l'on m'aide moi aussi. Le gouvernement n'a aidé que Nancy Landry. Nous étions en processus de divorce lorsqu'elle est tombée inapte. Elle n'avait plus de ressource financière. Le curateur public a retardé le dossier. J'étais pris avec toutes les dettes tant que nous n'avions pas obtenu le divorce. J'ai dû payer un gros montant pour obtenir le divorce et me libérer de tout ça », explique Éric Garneau qui estime que toutes ces procédures lui ont coûté plus de 100 000 $.
Éric Garneau avait des sentiments mitigés relativement au plaidoyer de culpabilité de Nancy Landry à une accusation réduite d'homicide involontaire coupable.
« Je suis satisfait et déçu en même temps de la fin de cette affaire. Dans ma tête, il y avait un procès. J'aurais pu expliquer à tout le monde ce qui s'était passé. En même temps, elle est condamnée à une peine de prison. Maintenant, on peut tourner la page et passer à autre chose », explique Éric Garneau.
Landry comprend sa peine
L'avocate chargée de la défense de Nancy Landry, Me Mia Manochio, confirme s'être assurée que sa cliente comprenait bien la finalité des procédures judiciaires.
« C'est ma cliente qui m'a donné le mandat de mettre fin aux procédures judiciaires portées contre elle. Elle reconnaît sa responsabilité face à la mort de Nathan. Elle avait de la difficulté à vivre les évaluations psychiatriques. Son état est particulier. Dans mon rôle d'avocate de la défense, je suis convaincue qu'elle sait qu'elle a plaidé coupable et qu'elle sera détenue. Nancy me dit qu'elle a tout compris », mentionne Me Manocchio.
Nancy Landry sera évaluée au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines avant vraisemblablement d'être transférée l'Établissement Joliette pour femmes.
« Elle est capable de purger cette peine d'incarcération sinon les autorités carcérales vont prendre les moyens pour s'assurer qu'elle répond bien », explique Me Manocchio.
Le procureur aux poursuites criminelles Me Andy Drouin mentionne que le dossier qui prend fin était complexe autant en droit que par les faits.
« Il en vient un moment où les avocats en viennent à conclure que la peine et l'accusation appropriée qui est juste dans les circonstances étaient l'accusation d'homicide involontaire coupable. Nancy Landry a admis sa responsabilité dans la mort de Nathan Garneau. Nous avons convenu que la peine ordonnée était juste et satisfaisait les fins de la justice », mentionne le procureur aux poursuites crminielles au dossier Me Andy Drouin.