Détenu depuis le début octobre, Chadrick Tchanga-Henry était de retour, jeudi, devant la juge Danielle Côté de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.
Détenu depuis le début octobre, Chadrick Tchanga-Henry était de retour, jeudi, devant la juge Danielle Côté de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Encore un mince espoir pour l'ancien footballeur du Rouge et Or Chadrick Tchanga-Henry

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
La tête basse, l’air abattu, l’ancien joueur du Rouge & Or de l’Université Laval Chadrick Tchanga-Henry était de retour devant la juge qui lui avait fait confiance en le plaçant en thérapie à Sherbrooke.

Dix jours après avoir été placé en thérapie pour ses problèmes de consommation de stupéfiants, l’ancien receveur de passes universitaire s’est livré au quartier général du Service de police de Sherbrooke en état de consommation de stupéfiants.

Détenu depuis le début octobre, Chadrick Tchanga-Henry était de retour, jeudi, devant la juge Danielle Côté de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

« Vous ne serez pas surpris d’apprendre que je suis déçue de vous voir là », a lancé la juge Côté à l’accusé lorsque son nom a été appelé au rôle criminel du palais de justice de Sherbrooke pour un bris de probation.

« Moi aussi je suis déçu », a aussitôt répliqué celui à qui tout réussissait dans un passé pas si lointain.

Celui qui souhaite pouvoir un jour compléter sa cinquième saison dans le football universitaire place ses malheurs sur une passe échappée à la finale de la Coupe Vanier en 2017 avec le Rouge & Or de l’Université Laval.

Il avait expliqué au tribunal que cet épisode avait fait basculer sa vie.

L’étudiant-athlète, qui avait soulevé le trophée de championnat du football universitaire canadien en 2016 avec ses coéquipiers de la puissante et prestigieuse formation, soutient avoir été placé de côté à la suite de cette grande finale.

Sa descente aux enfers l’a conduit vers la consommation de cannabis, de méthamphétamine et de cocaïne, la criminalité puis la prison.

C’est une psychose toxique qui est à l’origine de deux épisodes d’incendies criminels allumés dans les résidences de l’Université de Sherbrooke puis dans une maison de chambre du boulevard Jacques-Cartier en décembre 2018.

À l’automne 2019 à la fin de cette peine de détention, il a tenté de reprendre les études à l’Université Concordia à Montréal et le football, mais a rechuté.

Tchanga-Henry a brisé ses conditions de probation qui l’ont conduit à nouveau derrière les barreaux à la fin de 2019.

Ce sont de multiples bris de conditions, de probation et des introductions par effraction qui l’ont ramené devant les tribunaux au printemps 2020.

La juge Côté avait choisi de lui faire confiance en le plaçant en thérapie. Tchanga-Henry a mis moins de deux semaines avant de replonger.

L’avocat de l’aide juridique Me Benoit Gagnon n’a pas abdiqué afin que l’ancien athlète se replace.

« Nous sommes prêts à faire une réévaluation pour une thérapie. Nous avons une collaboration hors norme malgré ce que vous voyez aujourd’hui. Nous voulons voir ce que la thérapie décidera. Tout n’est pas aussi noir que nous pouvons le croire », a souligné Me Gagnon au tribunal.

Le procureur aux poursuites criminelles Me Louis Fouquet estime que le dossier doit être réévalué par les intervenants.

Les deux avocats ont remis le dossier au 19 novembre prochain.