En prison pour un crime de 1979

Le juge Serge Champoux a condamné Gabriel Joyal à deux ans de prison ferme pour avoir violé, attenté à la pudeur et tenté de sodomiser une fillette de dix ans, en 1979.
<p>Gabriel Joyal</p>
Le magistrat a pris tout le monde par surprise en rendant sa sentence dans l'heure qui a suivi les représentations des parties. La procureure de la Couronne, Magali Bernier, demandait à ce que le Drummondvillois soit condamné à passer les trois prochaines années derrière les barreaux, alors que la défense suggérait une peine à purger dans la collectivité.
Me Katia Zazzara a fait valoir que son client représentait un risque de récidive pratiquement inexistant étant donné le nombre d'années s'étant écoulées depuis les gestes. Il a également fait état d'un rapport qui lui était favorable. Joyal est propriétaire d'une entreprise qui fait travailler une dizaine de personnes
Dans son évaluation, le juge Champoux a effectivement fait état d'un faible risque de récidive et a louangé l'accusé pour sa conduite irréprochable des 30 dernières années en semblable matière. Il a néanmoins tenu compte du fait que les gestes posés étaient particulièrement intrusifs et qu'ils avaient été commis à l'occasion de deux événements distincts.
Le juge Champoux a aussi tenu compte du fait que l'accusé a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés et n'a donc pas montré de remords. Il ne s'est pas non plus excusé auprès de sa victime.
Les faits
À l'été 1979, Gabriel Joyal, alors âgé de 18 ans, invite sa jeune victime à faire un tour de moto. Après une courte promenade, ils se dirigent vers la ferme appartenant aux parents de Joyal et s'enfoncent sur un terrain boisé, à l'abri des regards. À cet endroit, il se place rapidement derrière elle, lui enlève son chandail, descend son jean et la pénètre alors qu'elle est appuyée sur la moto.
La douleur a été à ce point intense qu'elle en a eu besoin de trois jours pour s'en remettre. Gênée, elle a lavé ses vêtements pour que ses parents ne soient pas au fait de ce qui venait de se produire et elle n'a rien raconté.
Joyal a répété son stratagème à l'automne de la même année, cette fois en l'amenant dans sa chambre alors que ses parents étaient à l'extérieur. Cette fois, il a tenté de la sodomiser, mais n'y est pas parvenu, c'est l'arrivée impromptue d'une troisième personne dans la maison qui a mis un terme à l'agression.
En défense, l'accusé a indiqué ne pas se souvenir de ces événements et il a dit « trouver ça bizarre » que cette histoire fasse surface plus de 30 ans après les faits.
En plus d'être condamné à la prison, Gabriel Joyal devra remettre un échantillon d'ADN et verra son nom être inscrit à la liste des délinquants sexuels.