Jean-François Paré est venu assister à la cérémonie de l’armistice dimanche à Sherbrooke. Il s’agissait d’un moment extrêmement significatif pour lui.

Douloureux Jour du Souvenir

Armé de son courage et ses médailles, Jean-François Paré est venu assister à la cérémonie de l’armistice dimanche à Sherbrooke. Un moment extrêmement significatif pour le Sherbrookois atteint de trouble de stress post-traumatique.

« C’est difficile pour moi, j’avais essayé il y a quelques années, mais ça avait très mal été, explique celui qui a servi en Bosnie et en Afghanistan à deux reprises. Je repense aux amis que j’ai perdus au cours de mes missions. »

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Deux vétérans sans Légion depuis un an

« Ce serait important d’avoir plus de reconnaissance, ajoute le natif de Weedon. La situation est très différente dans l’ouest du pays où les soldats sont accueillis par des foules lors de leur retour au pays. Pour vous donner une idée, lorsque je suis revenu, il n’y avait que mon boss et ma blonde qui m’attendaient. »

Jean-François Paré, qui a quitté les Forces armées canadiennes en 2009, avait également un message à lancer à tous les anciens combattants.

« J’ai perdu deux très bons amis qui se sont suicidés dernièrement. J’invite les vétérans qui ont des problèmes à en parler. Ce n’est pas obligé d’être avec un psychologue ou un professionnel, ça peut être un ami aussi. Il ne faut pas s’isoler. »

De bonnes valeurs

La cérémonie sur la rue King, devenue piétonnière pour l’occasion, a attiré plusieurs centaines de personnes.

Clément Jacques, président honoraire de la légion canadienne, se réjouissait également d’apercevoir beaucoup de jeunes visages à travers la foule.

« C’est une grande fierté pour moi de voir les jeunes se déplacer, explique-t-il. Ça démontre un grand respect. Je pense que les gens prennent conscience aussi que nous sommes bien au Québec et au Canada. Il n’y a pas de guerre et nous ne sommes pas obligés de nous armer pour nous défendre. »

« On est chanceux à Sherbrooke d’avoir la réserve et les cadets, poursuit-il. Les gens ne le réalisent pas, mais ils ne sont pas seulement formés pour se battre. Ils sont préparés à faire respecter les lois et intervenir en cas de désastre. C’est une assurance incroyable pour la ville s’il arrive quelque chose de grave. »

Sandra Quirion et Vincent Labonté venaient quant à eux observer leur fils de 13 ans, membre des cadets, qui prenait part à la cérémonie. Leur fille était également présente.

« C’est important de rappeler aux plus jeunes qu’ils sont là en raison de sacrifices que d’autres ont faits », résume M. Labonté.

« C’est aussi pour transmettre des valeurs de politesse, de savoir-vivre et de discipline », estime sa conjointe.

Le Cénotaphe de Sherbrooke est désormais classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Monument classé

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke, ou Cénotaphe de Sherbrooke, est désormais classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. 

« Ce geste témoigne de notre engagement à l’égard de la connaissance, de la protection, de la mise en valeur et de la transmission du patrimoine culturel aux générations futures », souligne Marie Montpetit, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française. 

L’œuvre conçue par l’artiste George William Hill a été inaugurée en 1926 devant une impressionnante foule de 20 000 personnes.