Deux policiers en isolement: le SPS en état d’urgence

Le Service de police de Sherbrooke passe en mode état d’urgence de façon à « prévoir l’imprévisible » dans la lutte à la COVID-19.

Le corps de police municipal a annoncé, mercredi, qu’il se plaçait en mode de mobilisation des troupes.

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La Tribune a appris qu’au moins deux policiers du SPS avaient été placés en isolement après avoir été mis en contact avec un prévenu qui présentait les symptômes s’apparentant au coronavirus. L’incident serait survenu lors d’un transport de détenu, mardi après-midi.

« Nous ne pouvons confirmer chacun des cas ou donner l’état de santé, mais certains de nos policiers se trouvent effectivement en observation », signale le porte-parole du SPS, Martin Carrier. Le plan d’état d’urgence du SPS a été mis en place par une clause particulière de la convention collective.

« Il est toujours loisible au directeur du service et, en son absence, au directeur adjoint, de déclarer un état d’urgence pour une période limitée. Le directeur a alors le droit, durant cette période, de changer les heures de travail, de garder en devoir tout salarié en dehors de ses heures régulières, de faire travailler les salariés durant les jours de congé hebdomadaire avec un minimum de neuf heures et cela durant toute la période d’urgence », stipule l’article 6,31 du contrat de travail des policiers.

Les policiers travailleront ainsi lors de quarts de travail de douze heures.

« La sécurité du grand public demeure notre priorité. L’implantation du plan de contingence pandémie a également pour objectif de protéger notre personnel. Cette déclaration d’urgence donne de la flexibilité de gestion à la direction, pour une réponse optimale », signale le porte-parole du SPS.

La Tribune a aussi a appris que des policiers retraités ainsi que des étudiants en techniques policières pourraient en cas de besoin être appelés en renfort.

« Je ne peux confirmer cette information, mais rien n’est exclu. Ce n’est pas un besoin pour le moment, mais je le répète, nous devons prévoir l’imprévisible », signale le porte-parole du SPS.

Les citoyens qui souhaitent entrer en contact avec le SPS sont invités à privilégier le 911 qu’en cas de situations nécessitant une assistance immédiate. Le 819-821-5555 peut être utilisé dans les autres situations moins urgentes nécessitant l’intervention de la police.

Pour obtenir plus d’informations sur le coronavirus et sur les meilleures pratiques à observer, notamment en ce qui concerne l’hygiène des mains et l’étiquette respiratoire, nous vous invitons à visiter la page santeestrie.qc.ca/covid-19 ou la ligne d’information générale COVID-19 1 877 644-4545.

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Le syndicat fait front commun en matière de santé et sécurité

« La santé et la sécurité des policiers et policières demeurent notre priorité. »

Le président de l’Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS) Éric Beaudoin souligne que la direction du SPS fait une gestion proactive de la crise de la COVID-19 avec le personnel.

« Il y a une belle collaboration avec l’état-major qui nous laisse de la place lors de la prise de décision », signale Éric Beaudoin.

Ce dernier estime que pour le moment, le personnel policier sur le terrain dispose du matériel nécessaire pour accomplir son travail.

« La pandémie a frappé de façon brutale partout dans le monde. Le port du masque demeure une question qui est soulevée, mais pour le moment cette question de matériel ne pose pas de problème », indique Éric Beaudoin.

Le président de l’APPS estime que le mode état d’urgence au SPS permettra de mettre en place des aménagements pour traverser de la meilleure façon possible la crise de la COVID-19.

« Il faut placer à l’avant-plan la santé et la sécurité et être conciliant afin de pouvoir perdurer dans le temps », signale Éric Beaudoin.

Il indique que comme dans le reste de la population, la situation liée à la crise de la COVID-19 apporte son lot de stress à ses membres.

« Plusieurs de nos membres doivent composer avec une situation où un conjoint se trouve en arrêt de travail ou avec des enfants à la maison. Il y a là une préoccupation qui s’ajoute à celle de faire le travail de policier dans cette période qui n’est pas évidente pour personne », signale le président de l’APPS.  René-Charles Quirion