Michel Durand

Deux ans moins un jour pour un voleur repentant

Vélo, téléviseur, planche à roulettes électrique, tablettes électroniques, outils et même une poussette, Michel Durand a fait une tournée de vols dans des résidences de l’ouest de Sherbrooke à l’automne 2017 qui le mène en prison pour deux ans moins un jour.

Le 30 octobre 2018, l’individu avait reconnu une kyrielle d’accusations liées à des vols et à des introductions par effraction entre le 28 septembre et le 7 novembre 2017 sur les rues Galt Ouest, Saint-André, du Rosaire, Saint-Gilles et de Lisieux.

C’est un individu repentant qui a été condamné, vendredi, à trois ans et deux mois et demi de prison.

La juge Hélène Fabi de la Cour du Québec a cependant tenu compte de la thérapie faite par Durand et de la détention provisoire qui ont été déduites de la peine de 38 mois et demi de prison.

Une probation de trois ans au cours de laquelle Michel Durand devra effectuer 200 heures de travaux communautaires a été imposée à sa sortie de prison.

La procureure aux poursuites criminelles Me Véronique Gingras-Gauthier a fait un résumé des crimes que Durand a commis, dont les six introductions par effraction dans des résidences.

« Après avoir entendu tout ça, j’ai vraiment très honte. Je n’avais jamais réalisé comment ça pouvait être épouvantable pour les gens. Ce qui s’est dit a vraiment eu de l’impact sur moi. Ça m’a ramassé émotivement et ça va faire en sorte que je ne recommence plus », a affirmé Michel Durand.

La juge Fabi a lu la déclaration d’une victime qui était présente au palais de justice de Sherbrooke devant l’accusé pour lui faire prendre conscience des gestes posés.

« J’ai été très stressée. J’ai peur de paralyser si je dois lui faire face. Je suis à la merci de quelqu’un. Je me sens bouleversée qu’il ait fouillé dans mes choses. J’ai peur de perdre mon nom au crédit. Je dors avec ma porte de chambre barrée. Parfois la nuit j’entends des pas même s’il n’y a personne », a lu la juge Fabi concernant une seule des victimes.

Michel Durand s’est ensuite adressé à cette victime présente dans la salle d’audience.

« Je vous demande pardon de ce que je vous ai fait. Cessez d’avoir peur. Dormez en paix, ça n’arrivera plus », a affirmé Durand avant d’éclater en sanglots.

Thérapie

Michel Durand a suivi des thérapies qui ont été tenues en compte par le tribunal.

Il a choisi de se constituer détenu en novembre 2018 en attendant de recevoir la peine qui a été imposée vendredi. Il quittait ainsi la thérapie pour une deuxième fois.

« J’ai fait beaucoup de travail en thérapie. Le désir de changer de vie est toujours là. Je commence à comprendre un peu comment j’ai pu en arriver à la toxicomanie. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi après tant d’efforts, j’ai fait ça. Je ne veux plus vivre des choses comme ça et faire vivre ça aux gens », mentionne Durand qui jure ne plus avoir consommé et qui affirme ne plus vouloir consommer de stupéfiants.

L’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique et la procureure aux poursuites criminelles Me Véronique Gingras-Gauthier s’entendaient sur la peine de prison à imposer, mais un débat s’est déroulé sur la détention provisoire à déduire.

« Je me dois de payer le prix de mes actes. J’étais en état de consommation à chaque fois. Ce sont des gestes stupides qui n’ont aucun lien avec le crime organisé. C’est très grave pour les victimes. Je ne peux retourner en arrière, mais je peux essayer de redonner et faire du bénévolat. Je ne peux redonner directement à ces personnes, mais je peux aider d’autres personnes », affirme Durand.

Lors des vols dans les résidences, Durand cassait des fenêtres pour y pénétrer. Il volait des objets qu’il revendait.

Michel Durand a été arrêté en novembre 2017 par le Service de police de Sherbrooke alors qu’il venait de s’introduire par effraction au restaurant le Chou de Bruxelles.