Jonathan Lacasse de Sherbrooke passera encore les 21 prochains mois derrière les barreaux pour une affaire « très particulière » de leurre informatique de personnes mineures.

Deux ans de prison pour un cas particulier de leurre informatique

Jonathan Lacasse de Sherbrooke passera encore les 21 prochains mois derrière les barreaux pour une affaire « très particulière » de leurre informatique de personnes mineures.
Trois adolescents ont été victimes de Lacasse au fil des mois à Sherbrooke, Lévis et Saguenay.
L'individu de 20 ans a plaidé coupable, mercredi au palais de justice de Sherbrooke, aux accusations de leurre informatique entre juillet 2015 et février 2016 et à des gestes d'incitation à des contacts sexuels en juin 2015.
« Ce n'est pas un cas de leurre informatique habituel où l'on voit de la manipulation des victimes. L'accusé faisait des demandes de photo très particulières », a expliqué au tribunal la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny Saint-Pierre.
Les motifs au soutien du mandat de perquisition, qui a permis de procéder à l'arrestation de Lacasse, révèlent qu'il aurait approché au moins deux jeunes garçons à Lévis et Saguenay.
Lacasse a demandé à une victime de 13 ans alléguée des photos de ses bras et ses jambes en échange de films gratuits.
L'accusé a demandé à l'adolescent de se raser les bras et les jambes et a offert la console de jeux vidéo en échange d'une vidéo sexuellement explicite de la victime. À Saguenay, c'est un adolescent de 13 ans qui a été la cible de Lacasse en juin 2015. L'accusé a demandé à plusieurs reprises à sa victime des vidéos de ses poils de bras et de jambes. Il a aussi demandé de faire un vidéo sexuellement explicite.
C'est dans un contexte où Lacasse est atteint de paraphilie que les crimes se sont déroulés.
La paraphilie est définie comme « l'ensemble de troubles de la préférence sexuelle caractérisés par la recherche du plaisir sexuel auprès d'un partenaire ou d'un objet inadapté, ou dans des circonstances anormales ».
Devant le juge Gilles Lafrenière de la Cour du Québec, Lacasse a aussi reconnu divers gestes de harcèlement et de méfait sur l'une des victimes alors qu'il se trouvait en liberté sous conditions dans cette affaire. Des bris d'engagement ont été reconnus par Lacasse.
Il a utilisé une tablette en démonstration dans un commerce du Carrefour de l'Estrie pour créer de faux profils. Il a envoyé des courriels où il mentionnait vouloir détruire la réputation de certains plaignants au dossier.
Jonathan Lacasse a reconnu avoir fait des graffitis de vengeance dans les toilettes du Carrefour de l'Estrie.
L'avocate de la défense Me Caroline Saint-André de l'aide juridique a spécifié au tribunal que son client ne possédait pas d'antécédent judiciaire et que les gestes avaient été commis dans le cadre d'une problématique très particulière. Lacasse avait d'ailleurs subi une évaluation psychiatrique sur son aptitude à comparaître et poursuivra un suivi psychiatrique derrière les barreaux.
Au registre des délinquants sexuels
La peine globale imposée à Jonathan Lacasse est de deux ans de prison si l'on tient compte de la détention provisoire équivalente à trois mois.
Le nom de Jonathan Lacasse sera inscrit à perpétuité au registre des délinquants sexuels.
Une probation de trois ans, dont deux ans avec suivi, lui a été imposée. Il ne pourra pas communiquer avec les plaignants au dossier et utiliser Internet.
« La préoccupation du ministère public demeure de mettre en place des mesures pour s'assurer qu'il ne recommence pas ce type de comportement », mentionne Me Joanny Saint-Pierre.