Coupable de gestes à caractère sexuel sur une enfant qui remontent à plus de 40 ans, Jean-Guy Bolduc a été condamné à deux ans de pénitencier, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.
Coupable de gestes à caractère sexuel sur une enfant qui remontent à plus de 40 ans, Jean-Guy Bolduc a été condamné à deux ans de pénitencier, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

Deux ans de prison pour des abus sexuels d’il y a 40 ans

L’agresseur sexuel Jean-Guy Bolduc se retrouve en prison.

Coupable de gestes à caractère sexuel sur une enfant qui remontent à plus de 40 ans, Jean-Guy Bolduc a été condamné à deux ans de pénitencier, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

L’individu de 77 ans a été reconnu coupable au début décembre 2019 d’abus sexuels commis entre 1972 et 1983 à divers endroits en Estrie.

Une ordonnance de non-publication empêche d’identifier la victime de ces abus sexuels répétés.

« Il y a des excuses, mais il n’y a pas de prise de responsabilité totale. La preuve est que vous avez agressé sexuellement à répétition une enfant entre 4 et 15 ans en lui faisant des attouchements et divers gestes sexuels. Vous ne reconnaissez pas totalement la gravité des gestes », a mentionné la juge Claire Desgens de la Cour du Québec en imposant la peine.

Une probation de trois ans a été imposée, ce qui entraînera un encadrement légal de cinq ans autour de Jean-Guy Bolduc. Il ne pourra s’approcher de tout endroit où pourraient se trouver des enfants.

L’avocate de la défense Me Benoit Gagnon de l’aide juridique

Une peine justifiée

La juge a signalé que la peine de deux ans apparaissait clémente étant donné la durée et la nature des abus sexuels, mais la probation permettait de mieux justifier la peine.

« Les séquelles de la victime sont hautement présentes. Vos gestes ont eu cet impact sur cette victime. Quand on abuse d’une victime à partir de quatre ans, on peut s’attendre à ce qu’on ait modifié son profil de vie de façon irréparable. Ce que vous avez commis comme gestes a brisé sa vie et celle de membres de sa famille », a signalé la juge.

À la suite du procès, la juge Desgens a conclu que Bolduc avait commis des attouchements de nature sexuelle sur la victime, et ce à plusieurs reprises, sans toutefois pouvoir en quantifier le nombre alors qu’elle était âgée entre 4 et 15 ans.

Bolduc avait été acquitté des gestes de grossière indécence et d’une agression sexuelle, mais il avait été trouvé coupable des gestes à caractère sexuel d’attentat à la pudeur.

Les évènements en cause se sont déroulés à plusieurs endroits à Sherbrooke de même que dans le Haut-Saint-François.

La juge Desgens a rappelé à la victime l’un des grands principes de l’imposition d’une peine.

« Aucune peine ne va compenser les séquelles et traumatismes que vous avez vécus lors des gestes et au cours de votre vie (...) La peine ne vous rendra pas la vie que vous dites que l’on vous a volée », a signalé la juge Desgens.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l’aide juridique et de la procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras

Un message

« Cette peine envoie un message à Jean-Guy Bolduc et aux autres personnes qui pourraient être condamnées pour un crime semblable même après 40 ans. Ça demeure une peine de prison ferme dans une prison fédérale avec des conditions pendant trois ans. Ce n’est pas une peine sévère, mais elle n’est pas non plus clémente », justifie Me Gagnon.

« Les conditions importaient beaucoup à la victime lorsque l’accusé sera libéré de prison. Nous avons imposé des conditions restrictives. Il y aura un suivi de la part d’un agent de probation. C’est la plus longue peine de prison qui pouvait être imposée si nous voulions qu’une probation soit imposée », ajoute Me Belgharras.

Du bout des lèvres, Bolduc a présenté des excuses à la victime.

« Ça fait mal au cœur. Je n’aurais jamais cru que j’aurais pu lui faire tant de mal. Je m’excuse si je t’ai fait du mal. Je demande pardon au Bon Dieu et à tout le monde », a indiqué Bolduc.

L’accusé devra s’enregistrer au registre des délinquants sexuels pour dix ans.

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« Il a violé mon enfance »

« Il a violé mon enfance. Il a volé ma jeunesse. Il a pris ma vie. Faire ça une seule fois, c’est briser la vie d’une enfant. Il a fait ça pendant dix ans. C’est à lui maintenant de se retrouver derrière les barreaux. » 

La victime de Jean-Guy Bolduc a vécu d’importantes conséquences à la suite des gestes répétés sur plus de dix ans. 

Devant le tribunal, lundi, elle a soutenu qu’elle vivait encore beaucoup de stress et d’anxiété.

« Ce n’est pas facile et ça l’est encore moins aujourd’hui. La peine qui doit être décidée ne réparera rien. J’ai été dans ma prison à doubles barreaux toute ma vie en gardant ces gestes pour moi avant de les dénoncer. J’ai de la misère à expliquer comment il a pu être aussi dégueulasse. C’est un monstre. Il n’a jamais eu aucun remord ou regret de ce qu’il a fait », soutient la victime de Bolduc.

Les gestes commis par Jean-Guy Bolduc sont restés marqués dans la mémoire de la victime. L’agresseur répétait « chut chut chut » à la victime pour la faire taire lors des agressions sexuelles.

« Ces mots sont toujours présents. Ça ressort. Je vis encore de graves conséquences de tout ça. Ma vie a été bouleversée », affirme la victime.

Elle signale avoir été diagnostiquée d’un choc post-traumatique sévère.

« C’est à cause de lui si je suis malade. J’ai vécu des conséquences toute ma vie de ces gestes », affirme la victime.

Elle a souligné avoir eu de la difficulté comme victime d’agression sexuelle à traverser le processus judiciaire.

« C’est à nous de nous battre pour faire valoir nos droits. Je comprends que c’est le droit de l’accusé de garder le silence, mais ça ne fait pas de sens. Il serait temps de faire changer les choses », dit-elle. René-Charles Quirion