« J’ai dit ce que j’avais à dire, mais je peux dire que je m’excuse », a mentionné Amélia Néron avant de prendre le chemin de la prison.

Deux ans de prison pour Amélia Néron

« C’est inhumain de faire vivre ça à une autre personne; de l’abandonner sans se soucier de sa vie. Elle m’a mise en danger. Je n’en serais pas là si elle m’était venue en aide. »

Laissée sous un véhicule accidenté par Amélia Néron en septembre 2016, une femme de Sherbrooke a vu sa vie être bouleversée. 

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Amélia Néron devrait plaider coupable à un délit de fuite

L’accusée a été condamnée, mercredi, à une peine de deux ans de prison par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

Amélia Néron avait reconnu en janvier dernier les accusations d’avoir blessé la passagère alors qu’elle conduisait en état d’ébriété et de l’avoir abandonnée dans le véhicule dans le secteur Saint-Élie en septembre 2016.

Amélia Néron a reconnu s’être sauvée des lieux de l’accident après une embardée laissant derrière elle la passagère du véhicule Volkswagen Jetta qu’elle conduisait.

C’est un passant qui a entendu des cris de détresse vers 5 h 30. Il est venu en aide à la passagère blessée avant d’alerter les policiers. La passagère retrouvée sur les lieux de l’accident a été transportée au CHUS pour soigner ses blessures.

Amélia Néron avait plaidé coupable aux accusations de négligence criminelle causant des lésions qui représente l’ensemble des faits au dossier.

Lettre de la victime

La victime était présente au palais de justice de Sherbrooke, mais n’a pas voulu s’adresser au tribunal.

La procureure aux poursuites criminelles Me Nathalie Robidoux a lu au tribunal une lettre écrite par la victime.

« Ce soir-là, j’ai pensé mourir. J’ai dû creuser pour me sortir de là. Je me sentais prise comme un chien au bout d’une chaîne. J’espérais que le véhicule ne brûle pas avec la peur au ventre. J’ai attendu qu’elle revienne, mais en vain... », a écrit la victime.

Cette dernière garde plusieurs limitations physiques et des séquelles psychologiques. Elle mentionne que ses enfants vivent les conséquences de ces gestes.

« Chaque tâche du quotidien devient un combat », souligne la victime.

Elle soutient qu’elle vit de l’anxiété sur une base quotidienne après avoir passé six heures sous un véhicule accidenté.

« L’événement a bouleversé tout mon entourage », mentionne la victime.

Cette dernière a vécu des difficultés pour se faire indemniser à la suite de cet événement.

« Je suis prise entre la SAAQ et l’IVAC comme victime. J’ai de la difficulté à joindre les deux bouts », souligne la victime.

Le plaidoyer de culpabilité englobe le délit de fuite, la conduite dangereuse et les facultés affaiblies.

« La peine peut vous sembler sévère, mais on ne peut pas ignorer l’antécédent judiciaire de conduite en état d’ébriété pour lequel vous avez été condamnée en 2015. On ne peut ignorer les circonstances dans lesquelles s’est retrouvée la victime. Même après 32 mois, vous voyez la condition dans laquelle se retrouve la victime », rappelle le juge Chapdelaine.

Une probation de trois ans a été imposée à Amélia Néron. Elle ne pourra conduire de véhicule pour les cinq prochaines années.

« J’ai dit ce que j’avais à dire, mais je peux dire que je m’excuse », a mentionné Amélia Néron avant de prendre le chemin de la prison.

Le juge a ordonné à Amélia Néron de faire un remboursement de 1400 $ à la victime pour les douleurs, souffrances et inconvénients subis.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocate de la défense Me Célina Saint-François et de la procureure aux poursuites criminelles Me Nathalie Robidoux.