Saad Amine Habboub a été reconnu coupable de tentative de meurtre avec un couteau, de conduite dangereuse, de menaces, de voies de fait armées en utilisant une voiture et de port d’arme dans un dessein dangereux.

Des peines radicalement différentes proposées pour Saad Amine Habboub

Coupable de tentative de meurtre alors qu’il a été freiné lorsqu’il tentait de poignarder une femme en novembre 2017 à Sherbrooke, Saad Amine Habboub estime que son temps de prison est déjà purgé, alors que la poursuite plaide pour une peine de cinq et six ans de prison.

Ce sont des suggestions de peine radicalement différentes qui ont été présentées, jeudi, à la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke dans le dossier de l’homme de 30 ans.

En mars, Habboub a été reconnu coupable relativement à toutes les accusations portées pour les gestes commis le 15 novembre 2017 derrière un bâtiment de la rue Kitchener à Sherbrooke, soit une tentative de meurtre avec un couteau, une conduite dangereuse, des menaces, des voies de fait armées en utilisant une voiture et le port d’arme dans un dessein dangereux.

Habboub tenait un couteau avec l’arme pointée vers le haut en s’adressant agressivement à la victime en la tenant responsable d’avoir gâché sa vie.

Un patrouilleur du Service de police de Sherbrooke est arrivé sur place de façon fortuite. La preuve révèle que l’intervention de quatre policiers a été nécessaire pour que l’accusé se rende, une fois mis en joue avec un appareil à impulsion électrique.

La procureure aux poursuites criminelles, Me Émilie Baril-Côté, ne s’oppose pas à ce que la détention provisoire soit retranchée de la peine à temps et demi.

« C’est encore un individu impulsif et imprévisible. Nous ne pouvons pas le remettre dans la société. L’accusé n’a fait que se victimiser lors du procès. Même si son discours a changé, le cheminement reste à faire malgré tout », estime Me Baril-Côté.

L’avocat de la défense Me Ramy El Turaby demande au tribunal de compter la détention provisoire de 32 mois comme peine globale et de libérer Saad Amine Habboub. Il propose au tribunal de l’encadrer dans une probation de trois ans avec un suivi pour la colère.

« Il a fait une prise de conscience sur ce qui s’est passé. Il a fait du travail sur lui. C’est un individu qui n’a plus besoin de rester en détention. Il pourrait se remettre sur le droit chemin avec un suivi à l’externe » , plaide Me El Turaby.

« Je m’excuse »

L’homme de 30 ans a témoigné lors des observations sur la peine. Il a présenté une lettre d’excuses à la victime qu’il a déposée au tribunal.

« Je demande ces excuses. C’était un malentendu. Je m’excuse pour tout ce qui s’est passé. Ç’a été un cauchemar pour elle », a exprimé Habboub en bégayant.

Il a commenté le rapport présentenciel qui a été déposé au tribunal.

« J’ai dit exactement ce que je pensais. Je reconnais les faits, mais certaines choses ont été exagérées. Je suis coupable et je ne nie rien » , affirme Saad Amine Habboub.

Habboub est détenu dans une aile sécuritaire à la prison étant donné deux altercations dans lesquels il a été impliqué au cours de sa détention. Il affirme qu’il ne peut participer aux programmes d’aide, malgré ses demandes, étant donné son classement en prison.

« Je ne suis plus la même personne. J’ai réalisé plusieurs choses que je ne voyais pas. Je ne réfléchissais pas. La réalité m’est tombée dessus. J’ai fait des erreurs. Je devrai recommencer ma vie. Ç’a été terrible pour la victime. J’ai compris ça que je lui ai fait peur pour sa vie. Ce qui s’est passé cette journée-là est vraiment grave. Je souhaite que la victime ne craigne pas ma présence » , admet Saad Amine Habboub.

Il se dit prêt à accepter un suivi psychologique même psychiatrique pour comprendre pourquoi il n’est pas allé chercher de l’aide ainsi que pour la gestion de sa colère et des émotions.

Les peines suggérées tiennent aussi compte des dossiers de violence conjugale entre mars 2013 et novembre 2017 que Habboub a reconnus.

Durant cette période, l’accusé a notamment reconnu avoir battu sa femme alors qu’elle était enceinte, lui avoir planté un couteau dans un doigt et lui avoir proféré des menaces.

La peine de Saad Amine Habboub sera imposée le 9 septembre.