Des joueurs de baseball victimes de propos racistes

Les membres de l’équipe du Québec, particulièrement Fernando Fernandez, ont été la cible de propos racistes à répétition durant les deux derniers matchs de leur équipe au Championnat canadien Senior de baseball, a dévoilé le président de la LBMQ Daniel Bélisle. Les organisateurs du tournoi n’auraient pas tété en mesure de faire taire les détracteurs, ce qui aurait bien pu envenimer la situation.

Une bien triste situation est venue ombrager ce qui était jusque là une superbe fin de semaine pour les membres de l’équipe Québec présents au Championnat canadien Senior de baseball qui se déroulait à Chatham, au Nouveau-Brunswick. Le lanceur d’équipe Québec pour la demi-finale Fernando Fernandez ainsi que d’autres joueurs ont été invectivés tout au long des deux parties par trois jeunes partisans.

«Les trois jeunes hommes ont tenu des propos inacceptables à l’endroit de nos joueurs», affirme catégoriquement Daniel Bélisle, chef de mission pour l’équipe Québec.

«Il y a toujours des partisans qui tentent de rentrer dans la tête des joueurs, ça fait partie du baseball, mais ils ont complètement dépassé la limite en traitant notre lanceur de fucking nigger et des joueurs barbus de terroristes d’Al Qaeda.»

Immédiatement après avoir entendu ces propos, M. Bélisle a tenté de raisonner avec les trois partisans fautifs, mais ces derniers n’ont rien voulu entendre, mentionnant qu’ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient étant donné qu’ils avaient payé pour leurs billets.

Le chef de mission s’est alors tourné vers Gerry Leblanc, le superviseur de Baseball Canada sur place, pour faire stopper les insultes. Le comité organisateur local n’a pas pu réussir à les faire cesser et le trio a pu continuer à jeter son vitriol sur Fernandez ainsi que sur les autres joueurs et membres de l’équipe Québec pendant la finale de bronze.

«Lorsqu’on est allé donner la main à l’adversaire sur le terrain après le dernier retrait du match pour la médaille de bronze, plusieurs joueurs de notre équipe avaient les nerfs à vif, en avaient assez et souhaitaient monter dans les gradins pour régler le compte de ces individus», remarque M. Bélisle.

Rien de tout ça ne s’est produit, mais le malaise était présent. Pour les joueurs, d’avoir investi tant d’effort à remporter une partie de baseball et devoir composer avec l’échec, c’est une chose, mais d’avoir à subir de telles insultes lorsque tu participes à un jeu, ça n’a pas sa place.»

«La sécurité aurait dû faire son travail et les expulser du stade. Dans la LBMQ, on a mis sur pied une politique tolérance zéro quant aux insultes il y a six ans. Tu peux encourager ton équipe, mais dès que tu t’attaques aux joueurs adverses, tu sors du stade. On ne niaise pas avec ça et on ne veut pas de ces partisans dans nos stades, un billet d’entrée ne te permet pas de dire n’importe quoi.»

Pas une première

 Selon Daniel Bélisle, plusieurs facteurs sont en cause pour expliquer la situation qui s’est produite dimanche. «C’est sûr que la vente de bière tout au long de la journée n’a pas aidé, les gars n’étaient pas à jeun. On s’est aussi fait dire que la fusion entre la municipalité anglophone de Chatham et la municipalité francophone de Miramichi avait causé des tensions dans la région, qui sont encore visibles aujourd’hui.»

«On ne veut vraiment pas mettre tout le monde dans le même panier et généraliser, conclut-il. Quand des individus font des gestes de la sorte et ne sont pas punis, les gens autour embarquent. Il n’y a rien de nouveau dans tout ça, on s’était fait lancer des grenouilles en plastique six ans plus tôt quand le Championnat s’est tenu en Colombie-Britannique. On veut juste que les membres de notre organisation et que nos joueurs soient respectés.»