Les avocats du Tapageur et de Simon-Pierre Canuel se sont entendus pour embaucher des experts communs.

Des experts communs pour la poursuite contre le Tapageur

Le bistro Le Tapageur du centre-ville de Sherbrooke et Simon-Pierre Canuel, qui poursuit l'établissement après y avoir fait une réaction allergique l'année dernière, se sont entendus pour embaucher des experts communs dans le dossier.
Lors du retour du dossier devant la Cour supérieure récemment, les avocats au dossier ont déposé un mandat commun pour retenir les services d'experts en allergologie, en cardiologie ainsi qu'en psychiatrie.
En mai 2016, Simon-Pierre Canuel a fait une grave réaction après s'être fait servir un tartare de saumon alors qu'il est allergique à cet aliment. Canuel a entrepris une poursuite civile contre le restaurant du centre-ville de Sherbrooke, ses administrateurs et le serveur à qui il réclame plus d'un demi-million $.
La victime soutient dans la poursuite avoir subi de nombreuses conséquences du choc anaphylactique après avoir avalé une bouchée de tartare de saumon auquel il est allergique.
Problèmes respiratoires, arrêt cardiaque, coma de deux jours, intubation pour permettre la ventilation des poumons et hospitalisation pendant deux semaines aux soins intensifs sont décrits comme conséquences dans la demande introductive.
Les experts qui seront retenus devront déposer un seul rapport écrit où ils répondront aux questions soulevées par les deux parties.
L'expert en allergologie devra notamment déterminer les allergies connues de M. Canuel au moment des faits allégués le 29 mai 2016 et s'il avait déjà subi des réactions allergiques avant cette date. L'expert devra déterminer si une allergie aux fruits de mer inclut l'allergie aux poissons et si une telle allergie inclut nécessairement une allergie au saumon. Il devra aussi déterminer quel allergène a provoqué la réaction subie par Simon-Pierre Canuel et si l'utilisation de l'Épipen aurait pu éviter la réaction allergique. L'expert devra aussi se pencher sur la possibilité que l'arrêt cardiaque survenu le 30 mai ait été causé par un autre allergène.
De son côté, l'expert en cardiologie devra déterminer si des réactions allergiques antérieures ont laissé des séquelles physiologiques temporaires ou permanentes et si les événements du 29 mai font en sorte qu'il souffre d'une incapacité partielle permanente en lien avec sa condition cardiaque en raison des événements survenus le 29 mai 2016. L'expert devra déterminer si l'espérance de vie de Simon-Pierre Canuel est réduite ou s'il a des limitations physiques cardiaques en raison de la réaction allergique subie le 29 mai 2016 ou celles antérieures. Cet expert devra aussi se pencher sur la possibilité que l'Épipen aurait pu permettre d'éviter l'arrêt cardio-respiratoire.
L'expert en psychiatrie devra quant à lui se pencher pour sur la condition psychologique ou psychiatrique de demandeur avant et après les événements du 29 mai 2016 et s'il a des limitations à ce sujet à la suite des événements.
Le dossier de la poursuite civile reviendra en mars 2018.
Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait décidé en septembre 2016 de ne pas porter d'accusation de négligence criminelle contre le serveur du restaurant le Tapageur de Sherbrooke qui était ciblé dans une enquête policière.