C’est à partir du pénitencier de Drummondville où il est détenu que Stéphane Boutin a assisté, lundi, à la confiscation de la somme de 21 180 $, comme produit de la criminalité.

Depuis la prison, un trafiquant assiste à la saisie de 21 000 $

Condamné à huit ans de prison pour importation d’une importante quantité de cocaïne, Stéphane Boutin de Coaticook a vu une somme de 21 180 $ saisie chez lui être confisquée par le tribunal.

C’est à partir du pénitencier de Drummondville où il est détenu que Boutin a assisté, lundi, à la confiscation de cette somme comme produit de la criminalité.

Boutin avait été intercepté au poste frontalier d’East Hereford en avril 2015 avec 52 paquets de poudre blanche. En juin 2016, il avait reconnu l’importation de 77 kilos de cocaïne. Seul dans sa camionnette, Boutin avait été interpellé par les agents des services frontaliers à son entrée au Canada.

C’est sa nervosité qui avait poussé le douanier à fouiller son véhicule où l’on avait trouvé la cocaïne d’une valeur de 3,3 millions $ selon les expertises des policiers.

Lors de la perquisition à son domicile du rang 9 à Coaticook, les policiers avaient saisi plusieurs liasses de 20 $.

Dans le congélateur, un montant de 20 000 $ en coupures de 20 $ regroupées en liasses de 2000 $ avait été découvert. Le reste était caché dans sa chambre à coucher.

Selon un expert de la Sûreté du Québec qui a témoigné lors de la requête en confiscation, la composition de ces liasses d’argent « correspondait en tous points aux méthodes du crime organisé ».

Boutin prétendait que l’argent provenait du compte bancaire de la succession de ses parents décédés en 2010. Il niait que l’argent était relié à l’importation de cocaïne ou autre activité criminelle.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec n’a pas prêté foi au témoignage de Stéphane Boutin qui prétendait qu’il était plus sécuritaire de garder son héritage au congélateur et qu’il changeait les vieux billets par des neufs.

« De votre aveu vous ne rouliez pas sur l’or. Votre immeuble a dû être vendu, mais vous gardiez de l‘argent au congélateur (...) Vos explications ou justifications sont invraisemblables et le tribunal ne peut y accorder de crédibilité », a conclu le juge Chapdelaine.

Le juge a retenu l’opinion de l’expert de la poursuite qui a démontré que Stéphane Boutin correspondait au profil des individus recherchés comme passeur pour crime organisé.

La poursuite avait plaidé que le crime organisé recrutait des personnes qui ont une raison légitime de traverser souvent la frontière, Boutin étant camionneur. Il résidait proche de la frontière, soit à Coaticook, et il était sans antécédents judiciaires.

L’expert avait aussi témoigné que le montant saisi correspondait à la rémunération habituelle donnée aux transporteurs pour une telle quantité de stupéfiants.

« Cet argent est teinté par la criminalité », soutient le juge Chapdelaine.

La somme d’argent saisie chez Stéphane Boutin a été confisquée au profit du procureur général du Canada.

Me Guy Plourde défendait Stéphane Boutin dans cette requête en confiscation.