Déjà condamné à une peine de trois ans de prison pour des agressions sexuelles il y a près de 30 ans, Michel Charland de Sherbrooke est retour devant les tribunaux pour des gestes en semblable matière sur une enfant vulnérable.

De retour en cour pour être accusé d’agression d’une fillette

Déjà condamné à une peine de trois ans de prison pour des agressions sexuelles il y a près de 30 ans, Michel Charland de Sherbrooke est retour devant les tribunaux pour des gestes en semblable matière sur une enfant vulnérable.

L’individu de 62 ans subissait, jeudi, son enquête sur remise en liberté devant le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec.

Charland est détenu depuis le 22 février dernier alors qu’il a été arrêté pour une agression sexuelle commise sur plusieurs années à l’endroit d’une enfant âgée entre 7 et 13 ans.

L’individu aurait gagné la confiance de la victime avant de commettre des gestes à caractère sexuel entre septembre 2011 et décembre 2017.

Des accusations d’incitation à des contacts sexuels, d’attouchements sexuels et d’agression sexuelle ont été portées contre Charland. Lors de sa comparution, des accusations de production de pornographie juvénile entre septembre 2011 et décembre 2017 avaient aussi été déposées.

Avant la tenue de l’enquête sur remise en liberté de Charland, la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre a ajouté des accusations de possession de pornographie juvénile entre mai 2003 et février 2018 ainsi que d’avoir produit des vidéos d’enfants « dans des circonstances où il y a une attente raisonnable en matière de vie privée ».

L’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique a comparu pour son client relativement à ces deux nouveaux chefs d’accusation.

Le dossier a été ouvert au début février dernier alors que la victime alléguée s’est présentée avec sa mère au SPS. L’adolescente a raconté les événements en cause dans une entrevue vidéo.

Charland a amadoué la victime puis sa mère afin de créer un climat de confiance. La victime alléguée s’est rendue à plusieurs reprises pour aller voir des films de princesses, puis pour des laps de temps allant jusqu’à des nuits complètes.

Michel Charland

Gestes répétés

Les premiers gestes à caractère sexuel sont survenus alors que la fillette sortait du bain.

Lors du récit des événements allégués, la sergente-détective Sophie Breton du SPS a expliqué que les gestes sexuels ont été répétés à plusieurs reprises. La victime a signalé que Charland la touchait à des parties intimes. L’accusé demandait aussi à la fillette de la toucher. Lorsqu’elle refusait, Charland insistait jusqu’à ce qu’elle se plie à ses demandes.

Charland demandait à la victime alléguée de ne pas parler des gestes en lui disant : « Si t’en parles avec quelqu’un, je vais aller en prison », a précisé l’enquêteure Breton.

Tout au long du récit de la sergente-détective, Michel Charland est resté les bras croisés en regardant la plupart du temps au sol.

Lors de l’interrogatoire vidéo du SPS, l’individu de 62 ans a bien collaboré, mais n’a pas parlé des faits concernant les gestes à caractère sexuel. Des sous-vêtements de l’enfant ont été trouvés à côté des siens lors de la perquisition faite au domicile de Charland.

Des photos où l’emphase est mise sur les robes des enfants et prises à partir du logement de Charland ont été saisies. D’autres photos avec des enfants en pose « sexy » et des images de pornographie juvénile ont été trouvées lors de la perquisition.

Lors de son témoignage, Michel Charland a élaboré un plan qui l’éloignerait de son lieu de résidence actuel. Il se dit prêt à respecter des conditions dont un couvre-feu et à ne pas être en contact avec des enfants de moins de 16 ans.

Le juge Dunnigan a pris la demande de remise en liberté de Charland en délibéré. Il rendra sa décision le 19 mars prochain.

Charland a été reconnu coupable en 1990 d’agression sexuelle à l’endroit de deux victimes mineures à Thetford Mines. Il avait alors été condamné à trois ans de prison.

En 2000, une enquête d’agression sexuelle, d’extorsion et de menaces avait été ouverte.

L’enquête se poursuit concernant les agissements allégués de Michel Charland. Le Service de police de Sherbrooke invite les victimes ou témoins d’autres événements dont Charland pourrait être à l’origine à contacter la division des enquêtes au 819-821-5544.