Maxime-Alexandre Tremblay a profité de ses périodes de cavale pour participer à des concours de chant, pendant que les victimes subissaient les contrecoups de la fraude.

De chanteur à fraudeur

Le Baieriverain Maxime-Alexandre Tremblay, vice-champion du concours de chanson Propulse ta voix 2018, ne retrouvera pas, pour les 18 prochains mois, un public aussi chaleureux et enchanté de l’entendre, lui qui vient de prendre le chemin de la détention. L’accusé n’a fait preuve d’aucun remords, ce que le juge n’a guère apprécié.

Tremblay, 29 ans, a plaidé coupable à une première fraude de 46 887,53$ et à une deuxième d’environ 1200$ auprès de deux dames de La Baie, entre 2014 et 2015, et de bris d’engagement.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune de Me Mariane Girard, de la Couronne, et de Me Luc Tourangeau, en défense.

Le stratagème de Tremblay a été de se lier d’amitié avec les deux dames et de leur dire, pour les rassurer, qu’il était homosexuel et qu’elles n’avaient rien à craindre de lui.

Il est parvenu à les amadouer et a commencé à demander de l’argent à sa première victime afin qu’il puisse s’associer à elle dans son commerce de produits naturels.

Tremblay a demandé des sommes de 2000$ et de 3000$, et a réussi à soutirer jusqu’à près de 47 000$, avant que la dame ne se rende compte de la fraude.

Il a convaincu la dame de lui faire confiance étant donné qu’il avait un courriel (faux) de l’un de ses oncles, policier à Québec, confirmant qu’il possédait des REER de 50 000$.

La principale victime dit pleurer tous les jours de sa vie, a perdu la confiance de son mari et de son entourage, et s’isole de plus en plus à la maison.

La dame ajoute que son conjoint a dû continuer à travailler, car le couple a tout perdu dans cette malheureuse affaire. «Il a volé mon âme. J’ai longtemps caché à mon mari ce que je vivais. Lorsqu’il l’a appris, il était et est encore sous le choc. Je me suis questionné sur les raisons pour lesquelles cela m’arrivait. Est-ce que j’étais vulnérable?», s’est demandé la victime.

Au moment de la lecture des conditions à respecter, Me Girard a demandé à ce que le tribunal interdise à l’accusé d’être en contact avec les victimes. L’accusé en a ajouté une couche.

«Je voudrais que l’on interdise à mon oncle de me contacter aussi. Depuis 2014 qu’il harcèle ma famille. Et moi, j’ai fait beaucoup de chemin depuis 2014», a lancé Maxime-Alexandre Tremblay.

Le magistrat n’a guère apprécié cette remarque de l’accusé.

«Nous ne sommes pas là pour vous protéger, mais bien pour protéger les victimes de vous. Je n’émettrai pas d’ordonnance concernant votre oncle», a lancé le juge.

«En 2019, ce que je vois de vous, c’est que vous n’avez pas beaucoup de regrets et de remords, alors que la victime est dans la salle. Vous ne montrez pas beaucoup de repentir. Je suis plutôt inquiet du futur en ce qui vous concerne, de par l’attitude que vous avez, vos commentaires et la reconnaissance des faits du bout des lèvres. Les remords, les regrets et le repentir, pour vous, on repassera», a poursuivi le magistrat.

Le juge Guimond a ensuite demandé au fraudeur de quelle façon il vivrait cela de gagner 45 000$ dans sa vie et de le voir s’envoler dans les airs.

Me Girard a demandé une ordonnance pour le remboursement des victimes, même si cela est peu probable.

«Mais des fois qu’il hériterait ou qu’il gagnerait à la loto, une ordonnance de la cour pourrait faire en sorte qu’il rembourse les victimes», a-t-il ajouté.

Chanteur

En plus d’être un fraudeur, Maxime-Alexandre Tremblay a d’autres talents. Il est parvenu à convaincre deux magistrats de le remettre en liberté, mais il oubliait de se présenter au tribunal lorsque cela était nécessaire.

La première fois, il a été en cavale du 10 avril au 5 juillet 2018. Il a récidivé entre le 2 août et le 31 décembre 2018.

«Il a profité de ces absences pour participer à des concours de chant. On a vu qu’il avait fini deuxième au concours Propulse ta voix. Pendant ce temps, les victimes voyaient ce qu’il faisait, mais les policiers n’arrivaient pas à l’arrêter», a expliqué Me Mariane Girard.