Dave Poulin-Beaunoyer a été condamné à dix ans de prison pour avoir causé le décès de l'enfant de sa conjointe.

Dave Poulin-Beaunoyer condamné à dix ans de prison

Pour avoir causé le décès de l'enfant de sa conjointe, Dave Poulin-Beaunoyer a été condamné à dix ans de prison.
Me Joanny Saint-Pierre
« Je ne comprendrai jamais ce qui t'a poussé à t'en prendre à un bébé sans défense, qui ne demandait qu'à être aimé, que l'on prenne soin de lui et qu'on le protège du mal et de la vie... Mais ce matin-là, tu lui as enlevé le droit de rêver, de jouer, de courir, rire et s'amuser comme tous les enfants de son âge », a exprimé devant le tribunal la mère de l'enfant de 20 mois, dont Poulin-Beaunoyer a reconnu avoir causé la mort par impulsivité.
Poulin-Beaunoyer s'est emporté après avoir averti l'enfant de sa conjointe de l'époque de cesser de sauter sur le divan. Il a frappé l'enfant de plusieurs coups de poing à l'estomac. L'enfant est mort à la suite d'une hémorragie interne. Selon le rapport d'autopsie, il ne s'agissait pas de la première fois que l'enfant était roué de coups, mais il a été impossible d'établir hors de tout doute raisonnable que la violence antérieure avait été faite par l'accusé.
Lors d'observations sur la peine très émotives, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a entendu la suggestion commune concernant cette longue peine d'incarcération pour les gestes d'homicide involontaire coupable de l'enfant de 20 mois en septembre 2015.
Une fois la détention provisoire retranchée, Poulin-Beaunoyer purgera encore 99 mois de prison, soit huit ans et trois mois pour l'homicice involontaire coupable de l'enfant de sa conjointe.
« Vous avez reconnu l'un des crimes les plus graves du Code criminel. Un être vulnérable est décédé des coups et blessures infligés lors d'un moment de rage (...) Votre degré de responsabilité est très important. Ici, les coups de poing à l'abdomen ont été portés pendant que l'enfant jouait et sautait sur un divan. Vous vous en êtes pris à un être vulnérable de par son âge et son vécu d'abus physique », a indiqué la juge Desgens en imposant la peine.
La suggestion commune faite par l'avocat de la défense Me Benoît Gagnon de l'aide juridique et la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre évite à la famille de subir les explications de la pathologiste judiciaire.
« Nous évitons à la famille d'avoir en tête les images qui auraient été déposées et d'entendre les appels 811 et 911 où l'on y entend Mathieu. Tout au long de l'appel, on y entend la mère de l'enfant questionner Dave Poulin-Beaunoyer sur ce qui s'était passé (...) Il n'y a aucune peine qui va ramener Mathieu ou conforter la famille. En mon sens, c'est la peine qui est juste qui doit être imposée », a plaidé Me Saint-Pierre.
Gestes d'une extrème violence
La mère de l'enfant dormait dans la chambre à l'autre bout de l'appartement lorsque les gestes d'une extrême violence ont été commis par Dave Poulin-Beaunoyer.
« La quantité de sang trouvé dans l'abdomen était impressionnante. Ce sont les blessures à l'abdomen qui lui ont été fatales », a indiqué Me Saint-Pierre.
L'avocat de la défense a rappelé au tribunal que la thérapie faite par l'accusé avait été bénéfique.
« La thérapie a permis à Dave Poulin-Beaunoyer de faire un travail d'introspection et de reconnaître ses torts. Il y avait un travail intérieur à faire au-delà de la problématique de consommation. Cette prise de conscience est au coeur de la suggestion commune. Sans cette prise de conscience, il n'y aurait pas eu de plaidoyer de culpabilité, puis de suggestion commune (...) Rien n'excuse le geste. Il y avait de la violence encapsulée à cette époque. Il n'est pas encore capable d'expliquer ce geste », a signalé Me Gagnon. au tribunal
La juge a aussi tenu compte de ce début de réhabilitation.
« Il apparaît clair dans le rapport presentenciel que vous assumez votre responsabilité. N'eût été ce cheminement, la peine aurait été différente (...) Votre attitude de repentir, la cessation de votre consommation de drogue et la thérapie pour votre violence que vous avez suivie m'aident à accepter la suggestion commune », estime la juge Desgens.
« Un geste qui a détruit plusieurs vies »
C'est par l'incompréhension, la colère et beaucoup de questions qui demeurent sans réponse que la famille de Mathieu Mateau, la petite victime de Dave Poulin-Beaunoyer a assisté à l'imposition de la peine de l'individu de 28 ans.
La mère de l'enfant a tenu à s'adresser au tribunal pour exprimer sa colère envers l'accusé en commençant la lecture de sa lettre par « Cher voleur de vie...».
« Je ne pouvais pas y croire que son départ serait aussi tôt et si dégueulasse. Je ne peux oser croire que tu as osé lui faire tout ce mal », a exprimé la mère de l'enfant.
Cette dernière était d'autant plus atterrée par les événements tragiques parce que Poulin-Beaunoyer agissait avec celui qui allait devenir la victime de sa violence « comme un père avec son fils ».
« Entends-tu sa petite voix qui disait je t'aime Dave, car il avait confiance en toi. Mais ce petit en question est désormais au paradis par ta faute, par tes gestes que tu as osé lui infliger. Un geste dévastateur qui a détruit plusieurs vies et surtout la mienne en un claquement de doigts (...) Tu lui as enlevé le droit de pouvoir respirer et même de vivre (...) Il devait te supplier d'arrêter que tu lui faire mal, extrêmement mal avec tes poings dévastateurs. Car tes coups de poing étaient en train de le tuer par en dedans. Tu as osé essayer de nous faire avaler que c'était une simple chute du divan, quelque chose que j'ai osé croire jusqu'à ce que l'on voie son corps sur la table, sans vie. Car tu es un lâche, un sans coeur et par-dessus tout un tueur d'enfant, un meurtrier », a exprimé la mère de la victime à l'endroit de celui qui lui a enlevé son garçon.
La grand-mère de l'enfant s'est aussi adressée à Dave Poulin-Beaunoyer.
« Mathieu nous a quittés contre sa volonté. Je ne pense pas que tu sois capable d'imaginer la douleur. C'est avec la rage au ventre et la mort au coeur que l'on survit. On en vient à se demander si on a encore le droit de vivre noramelement, car Mathieu, lui, ne peut plus le faire à cause de toi Dave. La peine est si grande que l'on a l'impression d'avoir un poignard droit au coeur », a exprimé la grand-mère de l'enfant.
Elle a rappelé que le départ de Mathieu a transformé la vie de toute sa famille.
« Sache que tu as pris non seulement la vie de Mathieu, mais celle de toute une famille. Chaque fois que je vois les yeux de mon fils, le père de l'enfant, je vois beaucoup de souffrance. Il a le coeur brisé à jamais (...) À cause de toi Dave, Mathieu n'est plus que souvenir. On ne le verra plus à Noël ni à ses anniversaires. Il n'ira jamais à l'école, ne fêtera jamais ses dix-huit ans, ne sera jamais amoureux ou papa, tout ça à cause de ton geste », a mentionné la grand-mère partenel de la victime.
La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a salué le courage et la sérénité de ces victimes dans cette épreuve.
Des excuses
Dave Poulin-Beaunoyer s'est excusé auprès des victimes, particulièrement auprès de son ex-conjointe, la mère de l'enfant.
« Je sais que je suis la dernière personne que tu veux voir ou entendre. Je suis désolé pour ce que je t'ai fait et je sais que tu ne me pardonnes jamais. Si tu savais comment je m'en veux. Je donnerais ma vie pour faire revenir Mathieu. Je me dégoûte. J'ai honte. Je ne sais pas si je vais me pardonner un jour. Peu importe la punition que l'on m'inflige, je vais m'en vouloir toute ma vie. Je demande pardon du plus profond de mon coeur », a imploré Dave Poulin-Beaunoyer avant de s'effondrer en larmes.