Le bunker des Hells Angels de Sherbrooke.

Crime organisé: comme un monstre à neuf têtes, dit Couillard

Philippe Couillard croit que le crime organisé s’attèle déjà à la tâche de contrer la vente de cannabis par l’État québécois.

En table éditoriale à La Tribune, le premier ministre sortant a comparé le crime organisé à l’Hydre de Lerne, créature de la mythologie grecque vaincue par Hercule lors de ses douze travaux, dont la tête se régénère lorsque coupée.

« Le crime organisé va toujours s’adapter. C’est une lutte sans fin. Ils sont déjà en train de réfléchir comment ils vont faire pour battre le réseau de boutiques d’État de la société du cannabis. Est-ce qu’il va y avoir un dark web pour contrer la vente en ligne contrôlée par l’état? Ils vont tout faire pour trouver des failles. C’est une illusion de penser qu’ils vont disparaître avec la légalisation du cannabis. Il faut réduire leur influence », estime le chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Neurologue de formation, Philippe Couillard avait des craintes sur les impacts du cannabis sur la santé mentale.

« Il y a cependant un bien-fondé à la légalisation sur les aspects du contrôle de la toxicité, de qualité du produit et du crime organisé », estime Philippe Couillard.

Il signale que la stratégie du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault en matière de cannabis est difficile à suivre.

« Il veut légaliser le cannabis à 21 ans, alors que les jeunes de 18 à 21 ans n’ont aucun problème à s’en procurer. Je préfère que les jeunes s’en procurent dans un organisme d’État au lieu des Hells Angels », signale M. Couillard.

« Pas notre décision »

Philippe Couillard rappelle que le gouvernement québécois doit administrer une décision fédérale prise par le gouvernement de Justin Trudeau.

« Ce n’est pas notre décision. Je n’avais pas ça dans mon programme. Maintenant, il faut cependant l’administrer. Il faut ouvrir la porte prudemment. Il faut éduquer les gens ». croit le premier ministre sortant.  

Il invite les entreprises de culture de cannabis qui souhaitent recevoir de l’aide gouvernementale à suivre les mêmes démarches que les autres entreprises.

« Elles doivent remplir les mêmes conditions que les autres. Je n’ai aucune objection à ce que ces entreprises soient aidées si le produit est légal », mentionne M. Couillard.

Relativement aux demandes des corps de police comme le Service de police de Sherbrooke qui réclame de l’aide pour répondre aux besoins générés par la légalisation du cannabis le 17 octobre prochain, Phlippe Couillard rappelle qu’un montant de 20 millions $ est engagé auprès des municipalités.

« Nous ne voulons pas faire de profit avec la société du cannabis. Nous voulons utiliser l’argent pour faire des mesures de prévention en lien avec les forces policières. Les profits de la société d’État doivent être utilisés en prévention, en action terrain et dans l’éducation », estime Philippe Couillard.