La description des sévices sexuels qu’une fillette a subis à huit reprises entre 2014 et 2015 a permis au tribunal de condamner son père incestueux, jeudi, à Sherbrooke.

Coupable d’inceste à sept reprises sur sa fillette

« C’est comme si c’était un monstre, mais c’est quand même mon père. »

La description des sévices sexuels qu’une fillette a subis à huit reprises entre 2014 et 2015 a permis au tribunal de condamner son père incestueux, jeudi, à Sherbrooke.

La victime avait entre huit et dix ans lorsque les gestes ont été commis.

L’individu de 52 ans a été reconnu coupable, jeudi, d’inceste à sept reprises à plusieurs endroits dans la maison familiale, de contacts sexuels à huit reprises, d’incitation à des contacts sexuels à trois reprises de même que d’avoir rendu du matériel sexuellement explicite à une mineure dans le but de faciliter la perpétration de gestes à caractère sexuel en 2014 et 2015 au palais de justice de Sherbrooke.

« Ce qui est frappant dans ce dossier, c’est l’exactitude avec laquelle la jeune fille a décrit les événements. Comme dans la plupart des dossiers d’inceste, l’enfant victime est pris dans un conflit de loyauté où les gestes qu’elle ne comprend pas sont commis par son père qu’elle aime et celui qu’elle décrit comme un monstre qui lui fait subir ces gestes », explique la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.

Tout au long du rappel des faits concernant les abus sexuels troublants, l’accusé est demeuré de glace ne réagissant aucunement devant la preuve résumée par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

La juge l’a condamné illico à prendre la direction de la détention après l’avoir reconnu coupable.

Chacune des accusations comporte une peine de détention minimale, dont celle d’inceste où la peine minimale est de cinq ans de prison.

La première agression sexuelle est survenue dans la chambre de l’accusé, alors que la mère était au travail.

La victime l’a supplié de la lâcher, mais il lui a dit : « Ça va te faire du bien ».

Le père incestueux lui a verbalisé dès la première agression de ne pas en parler sinon « elle allait le regretter ».

La victime a verbalisé à son père qu’il était un monstre après la deuxième agression. Ce dernier aurait alors dit : « Je le sais ».

La troisième agression sexuelle est survenue dans le salon de la résidence familiale. Le père l’a obligé à des contacts sexuels après l’avoir soumis à regarder un film pornographique avec lui.

La procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.

Le quatrième événement est survenu dans le bain lors d’un soir d’hiver. Le père incestueux a rejoint sa fille dans le bain pour l’agresser sexuellement.

« La douleur décrite par la plaignante lors des événements ne peut être le fruit de l’imagination d’une enfant de cet âge », a signalé la juge Fabi.

Les trois autres agressions sexuelles sont survenues dans la résidence familiale, alors que l’accusé lui aurait dit « qu’il allait le faire doucement ».

À la huitième reprise, les gestes à caractère sexuel se sont déroulés dans le sous-sol de la résidence.

« C’est sans hésitation que le tribunal retient la version de la plaignante. Elle relate avec détails les abus sexuels que lui a fait subir l’accusé (...) Elle est envahie d’un sentiment de tristesse qui est palpable », estime la juge.

C’est en juin 2015 que la jeune fille a dévoilé les abus sexuels à sa mère après avoir confié ces gestes sexuels à une amie.

La plainte a été faite au Service de police de Sherbrooke quelques jours plus tard.

L’accusé a donné une version au tribunal qui a été rejetée « d’emblée, sans l’ombre d’un doute » et qui a été qualifiée d’avoir « aucune crédibilité ».

« Le témoignage de l’accusé est un véritable tissu de mensonges », considère la juge Fabi.

L’avocat de la défense Me Patrick Fréchette, qui entre au dossier au moment du verdict, et la procureure aux poursuites criminelles feront les observations sur la peine le 30 novembre prochain.

« Nous sommes conscients que la peine sera longue et significative », a reconnu Me Fréchette devant le tribunal.