Frédéric Beaudoin, reconnu coupable reconnu coupable de leurre informatique auprès de 25 adolescentes, quitte le tribunal en compagnie de son avocat Me Guy Plourde.

Coupable de leurre informatique auprès de 25 adolescentes

Frédéric Beaudoin, de Magog, a été reconnu coupable de leurre informatique auprès de 25 adolescentes.

Aussitôt déclaré coupable, jeudi au palais de justice de Sherbrooke, Beaudoin a immédiatement été incarcéré.

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Le visage rougi, il s’est mis à pleurer une fois assis dans le box des accusés.

Beaudoin a utilisé la messagerie privée Messenger de Facebook pour solliciter les victimes. Il a attiré les adolescentes à son logement de Magog par divers subterfuges de sollicitation de services de gardiennes, pour faire du ménage ou vendre des cellulaire.

Il a été reconnu coupable de 25 chefs d’accusation de leurre informatique ainsi que de contact sexuel, trafic de cannabis et possession de cannabis entre janvier 2015 et mai 2016 par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

Sept plaignantes ont témoigné lors du procès, dont cinq qui se sont rendus chez l’accusé.

Beaudoin contestait seulement que les communications n’avaient pas l’objectif de perpétrer des gestes à caractère sexuel.

« Ce qui est particulier dans ce dossier, c’est qu’il n’y avait pas de conversation de nature sexuelle. Elles peuvent tout de même amener une déclaration de culpabilité sur le leurre informatique si l’on détermine que l’intention qu’avait l’accusé était de faciliter les infractions de nature sexuelle », explique la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny Saint-Pierre.

L’accusé sollicitait les adolescentes pour venir garder, mais le hic: c’est que l’accusé n’a pas d’enfant.

Deux plaignantes sont venues témoigner avoir passé une soirée chez Beaudoin en attente d’un enfant qu’elles devaient justement garder. Assise sur le divan, l’une d’elles a subi les contacts sexuels de l’accusé.

« Je crois la plaignante lorsqu’elle affirme que l’accusé lui touche le pli de la fesse », mentionne la juge qui affirme que la plaignante est crédible.

Une autre plaignante affirme que Beaudoin ne se souvient pas du nom de son supposé enfant. Elle a fumé du cannabis avec lui avant de réaliser qu’elle s’est fait piéger. Elle quitte à la course vers un commerce situé à proximité du logement de Beaudoin. Il ne lui a pas fait d’attouchements ou tenu de propos à caractère sexuel.

« Tu voyais dans sa face comment il me voulait (...) Ces paroles sont révélatrices et éloquentes des intentions de l’accusé envers la plaignante », relate la juge dans sa décision qui souligne les propos de la plaignante relative au fait que l’accusé la désirait.

À une autre victime, Beaudoin l’accueille avec une serviette autour de la taille. Plus tard, il place son bras autour d’elle.

Une adolescente est aussi venue témoigner qu’elle a eu des contacts avec Beaudoin pour l’achat d’un cellulaire. L’accusé lui aurait proposé de faire du ménage en tenue sexy.

« La bonne foi des témoins ne fait pas de doute. Il n’y a aucune preuve de collusion entre les 25 plaignantes (...) La poursuite a prouvé que les communications avaient comme objectif d’attirer les plaignantes pour qu’une autre infraction puisse se produire. Il est clairement établi qu’au moment des événements il se trouve en situation d’autorité et de confiance envers les plaignantes (...) Les cinq plaignantes ont toutes ressenti une crainte en se rendant chez lui » conclut la juge Fabi.

Elle rejette de l’ensemble de la preuve, que ces rencontres étaient provoquées dans le but de faire du « social ».

« Son acharnement envers les 25 plaignantes est une preuve accablante. Les intentions de l’accusé se dégagent de façon incontestable de l’ensemble de la preuve » estime la juge.

Selon le Code criminel, le leurre informatique est passible d’une peine minimale d’une année de prison pour chacune des victimes.

« Il est certain que nous allons contester ces peines minimales. Une telle peine serait disproportionnée par rapport aux gestes posés », affirme l’avocat de la défense Me Guy Plourde.

La procureure aux poursuites criminelles a demandé la confection d’un rapport présentenciel avec un volet en délinquance sexuelle.

Les observations sur la peine se dérouleront le 16 janvier 2018.