Condamnée pour avoir frappé une infirmière en psychiatrie

SHERBROOKE - Une affaire de voies de fait simple où une patiente hospitalisée en psychiatrie a reconnu devant le tribunal avoir frappé au visage une infirmière soulève encore une fois la question de la violence en milieu hospitalier.

Selon des données du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, 91 événements considérés à risque important ont été déclarés, dont trois sur le département de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu, entre le 1er octobre 2017 et le 31 décembre 2018.

Le 23 mars 2017, une jeune femme qui ne voulait pas être placée en isolement a donné un coup de poing au visage de l'employée de l'Hôtel-Dieu du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

«Ma cliente ne se souvient pas des gestes posés. Ce sont des événements isolés. C'est une femme qui est lourdement atteinte depuis son enfance. Ses parents avaient des diagnostics en santé mentale» signale l'avocate de la défense Me Caroline Monette.

La jeune femme a été placée en résidence fermée depuis ces événements. Elle est suivie régulièrement par un psychiatre.

Une absolution conditionnelle a été accordée par le tribunal. Une probation de 12 mois avec un suivi a été imposée. Elle ne pourra entrer en contact avec l'infirmière impliquée dans cette affaire.

«C'est un contexte qui est très particulier. Elle a agi de façon impulsive. Ce n'est pas un cas d'article 16», a mentionné la procureure aux poursuites criminelles, Me Gabrielle Cloutier.

À la lecture du rapport psychiatrique préparé par le psychiatre judiciaire Dr Pierre Gagné, la juge Fabi a accordé une absolution conditionnelle à la jeune femme.

«C'est une situation qui est très particulière. Visiblement, madame a vécu une enfance difficile et a de sérieux problèmes. Elle est suivie en psychiatrie. L'impulsivité de madame a diminué avec la prise de médicaments. Les gestes posés étaient impulsifs, mais sans l'intention de blesser», a reconnu la juge Fabi.

La jeune femme a assisté aux procédures judiciaires en regardant au sol. Elle a exprimé par une voix faible avoir commis le geste qui lui était reproché.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS mentionne que la décision de porter plainte à la police revient à l'employé, mais que s'il est jugé que la situation correspond à un acte inacceptable d'un usager, l'employé sera encouragé à porter plainte.

«Au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, les comportements violents et toutes les formes de harcèlement, d'intimidation, de menaces verbales ou physiques et autres agissements inadéquats, peu importe de qui ils proviennent, ne sont pas tolérés. D'ailleurs, la Politique en matière de promotion de la civilité et de prévention du harcèlement adoptée par notre établissement démontre l'importance d'offrir à notre personnel un milieu de travail sain et valorisant. Les comportements civils sont attendus de tous : employés, médecins, bénévoles, fournisseurs, partenaires, usagers, proches et visiteurs», signale par courriel le chef de service au soutien au développement des personnes et de l'organisation à la Direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, André Jalbert.