Collège Servite: le recours franchit une autre étape

MAGOG - Une nouvelle étape a été franchie dans le dossier de la demande d'action collective contre le Collège Servite, à Ayer's Cliff. Représentés par la firme Kugler Kandestin, les requérants ont pu exposer en cour les raisons pour lesquelles ils considèrent leur demande recevable.

Dans ce dossier, les requérants ne sont pas identifiés, mais une partie de leur parcours scolaire respectif ainsi que les agressions qu'ils auraient subies, durant leurs études au Collège Notre-Dame-des-Servites, sont décrites dans la requête déposée en Cour supérieure.

Jeudi, le juge Sylvain Provencher a entendu l'argumentaire développé en faveur de la demande d'action collective. La partie adverse, composée non seulement du Collège Servite mais aussi des Servites de Marie, n'a pas formulé d'opposition.

« Il faut remplir quatre conditions bien précises pour que la demande soit autorisée, fait valoir l'avocat Robert Kugler. On a confiance d'avoir une réponse positive. »

D'ailleurs, la cour a récemment donné le feu vert à une action collective très semblable dans le secteur de Granby, où le Collège Mont-Sacré-Coeur est au centre d'un scandale sexuel impliquant d'anciens membres du personnel de l'établissement scolaire.

Selon Me Kugler, la décision du juge relativement à la demande formulée en lien avec le Collège Servite ne sera pas rendue avant plusieurs semaines. La cause à proprement parler sera entendue par la suite, si la réponse est favorable.


Plus de 50 dénonciations

Déjà plus de 50 anciens élèves du Collège Servite auraient contacté la firme Kugler Kandestin pour dénoncer des agressions sexuelles qui seraient survenues durant leurs études à Ayer's Cliff. « Le nombre des victimes est sûrement plus élevé encore parce qu'on reçoit toujours des appels de gens qui ont été agressés. Il y a eu plus d'un agresseur et ils ont fait ça pendant des années », résume l'avocat.

Dans la requête, on identifie une série d'agresseurs présumés qui auraient sévi au Collège Servite, en l'occurrence Jacques Desgranchamps, Bernard Lajeunesse, Michel Lussier, Gilles Poirier, Robert Desloges, André Cotton, Yvon Chalifoux, André-Marie Syrard et Raymond Délisle. Les faits allégués se seraient produits sur une période de plus de cinquante ans.

« Les gens qui nous appellent ont été extrêmement affectés par les agressions. Ce sont des événements qui ont été douloureux pour eux. Tous pensaient qu'ils étaient seuls à avoir vécu ça. Mais, en voyant toutes les informations qui sortent, ils commencent à comprendre que ce n'était pas de leur faute. »

En dépit des procédures judiciaires actuelles, un règlement hors cour demeure possible dans ce dossier. Robert Kugler indique ainsi que ses clients sont prêts à écouter, advenant que la partie adverse désire formuler une proposition de règlement.