Dans une décision rendue la semaine dernière et dont La Tribune a obtenu copie, un arbitre du travail exige que Thomas Harding soit réintégré dans son emploi.

CMQ devra réintégrer Thomas Harding

La compagnie Central Maine & Quebec Railway devra réintégrer le conducteur de train Thomas Harding dans ses fonctions et lui verser une compensation monétaire qui reste à être déterminée.

Le conducteur Harding avait laissé un convoi ferroviaire sans surveillance quelques minutes avant que le train dévale une pente en direction du centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet 2013.

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Thomas Harding embauché par la Ville de Farnham

Le lien d’emploi de l’opérateur de train a été résilié en juin 2018, quelques jours après qu’il ait annoncé son retour progressif au travail.

Dans une décision rendue la semaine dernière et dont La Tribune a obtenu copie, un arbitre du travail exige que Thomas Harding soit réintégré dans son emploi.

Central Maine & Quebec Railway avait racheté le tronçon ferroviaire dans le cadre des procédures d’insolvabilité de la Montreal, Maine et Atlantic (MMA) en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Harding qui était en arrêt de travail et qui recevait des prestations de la CNESST depuis les événements de Lac-Mégantic a été autorisé à réintégrer progressivement ses fonctions au printemps 2018.

Le 27 juin 2018, Thomas Harding a été informé de son congédiement par son employeur parce que le lien de confiance avait été rompu en raison de la tragédie de juillet 2013.

Le syndicat des Métallos — local 1976 affilié à la FTQ a alors déposé un grief pour contester la décision qualifiée de « cruelle et excessive » de la Central Maine & Quebec Railway.

Le syndicat soulevait que M. Harding avait été congédié sans avoir pu bénéficier d’une enquête juste et impartiale comme le stipule la convention collective.

Le nouvel employeur de Harding s’était basé entre autres sur certaines conclusions du rapport d’enquête du Bureau de sécurité dans les transports du Canada (BST) concernant la tragédie de Lac-Mégantic pour justifier sa décision de congédier Thomas Harding.

Acquitté

Cette décision d’un arbitre de grief a été rendue presque une année jour pour jour après le verdict d’acquittement de Thomas Harding à l’accusation de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes le 6 juillet 2013.

Le 19 janvier 2018, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie, le directeur de l’exploitation de la MMA Jean Demaître et le conducteur du train, Thomas Harding, avaient été acquittés par un jury après neuf jours de délibération au palais de justice de Sherbrooke

Le mois suivant, Thomas Harding avait reconnu des accusations pénales en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire du Canada « d’avoir omis de serrer les freins à main, de vérifier la résistance au déplacement pour s’assurer que les freins serrés produisaient un effort de freinage suffisant pour immobiliser le matériel en question ».

Il avait écopé d’une peine de six mois de détention dans la collectivité et 240 heures de travaux communautaires.

Thomas Harding est aussi poursuivi au civil dans le cadre du recours collectif intenté à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic.

Le procès du recours collectif devrait se dérouler à compter de septembre 2019.

Les victimes de la tragédie qui ont obtenu des indemnisations dépassant les 430 millions $ avec les acteurs du déraillement poursuivent Thomas Harding, son ancien employeur et la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique (CP), qui n’ont pas participé à ce règlement élaboré dans le cadre des procédures d’insolvabilité de la MMA en vertu de la LACC.