En janvier dernier, Ronald Bailey a reconnu des gestes à caractère sexuel commis sur quatre victimes mineures alors que son procès venait de s'amorcer.

Cinq ans de prison pour Ronald Bailey

La casquette baissée, le collet de manteau relevé, Ronald Bailey de Magog tentait de dissimuler son visage dans les minutes qui ont précédé son incarcération pour les cinq prochaines années.
En janvier dernier, Bailey a reconnu des gestes à caractère sexuel commis sur quatre victimes mineures alors que son procès venait de s'amorcer.
Après avoir entendu les conséquences des crimes exprimées par les quatre victimes, le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec a condamné Bailey à purger 60 mois de détention, vendredi au palais de justice de Sherbrooke
La peine a été imposée à la suite d'une suggestion commune de l'avocat de la défense Me Patrick Fréchette et de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.
« Ces gestes se sont déroulés dans un milieu plus défavorisé où l'accusé couvrait les victimes de cadeaux et de sorties. Le prix à payer pour les victimes était de se faire abuser sexuellement. Il leur demandait de garder le silence (...) Il faut espérer que le processus de guérison des victimes pourra commencer avec ce que l'accusé leur dit en plaidant coupable, soit qu'ils n'étaient pas responsables », a indiqué le juge Vanchestein.
Outre le plaidoyer de culpabilité après trois jours de procès, le tribunal n'a pas retenu d'autres facteurs atténuants.
« Bien que tardivement, l'accusé a reconnu les accusations », a signalé Me Joanny Saint-Pierre.
Le nombre de victimes, la longue période des gestes, la fréquence des gestes, l'âge des victimes, la consigne du silence imposée, l'impact sur les victimes, la violence de ce geste sur des enfants et le questionnement des victimes à la suite des gestes ont été retenus comme facteurs aggravants qualifiés de nombreux par le juge Vanchestein.
Bailey avait reconnu sept chefs d'accusation de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur quatre garçons âgés de 7 à 13 ans entre 1995 et 2011.
Au fil des ans, Bailey avait établi des liens de confiance avec les victimes. Il a reconnu avoir profité de cette situation pour assouvir ses pulsions sexuelles avec ces quatre jeunes garçons.
L'individu de 66 ans ne pourra pas communiquer avec les victimes à perpétuité et devra se soumettre au registre des délinquants sexuels pour la vie.
Les victimes s'expriment
L'une des victimes s'est exprimée par une lettre qui a été lue au tribunal.
« Pour moi c'est une violation du corps humain. J'avais 11 ans à ce moment-là. À partir du moment que tu m'as dit de ne rien dire, j'ai commencé à me droguer. Je ne m'acceptais pas comme j'étais », a mentionné l'une des victimes.
Il affirme être constamment sur ses gardes.
« J'ai encore des crises de panique et d'anxiété. J'ai eu 52 rencontres avec un psychologue pendant les procédures. J'apprends à vivre avec ces abus », explique cette victime.
Deux autres victimes se sont exprimées au tribunal sur les conséquences des abus de Bailey.
« Ronald, c'était un ami, une personne ressource, de confiance. Je me sentais écouté et aimé. Aujourd'hui j'ai compris que c'était une fausse image. J'ai de la misère à faire confiance aux gens qui m'entourent. J'ai perdu ma naïveté », a indiqué une victime qui mentionne avoir développé de l'agoraphobie et avoir de la difficulté à faire confiance aux gens.
Il a affirmé avoir été diagnostiqué pour un choc post-traumatique.
« J'ai de la difficulté à communiquer mes émotions et mes joies. J'ai un mal de vivre. J'ai de la difficulté à avoir des rapports sexuels normaux. J'ai sans cesse des images de ces agressions. J'ai déjà essayé de me suicider parce que j'avais des regrets, du dégoût pour moi-même. Je me pose des questions si j'étais coupable. J'étais qui pour lui, un ami ou un objet? », questionne une victime de Bailey, qui affirme que pour assouvir ses plaisirs, Bailey a enlevé tous les plaisirs qu'il avait.
Ce dernier aurait aimé recevoir des réponses à ses questions de la part de Bailey, mais ce dernier est demeuré muet.
L'autre victime de Bailey affirme en avoir beaucoup sur le coeur.
« Je serai pris avec ces abus toute ma vie. Il ne m'a pas donné l'amour qu'il aurait dû. Je ne suis pas capable de comprendre le pourquoi du pourquoi. Je n'ai aucune confiance en personne. Je me suis mutilé et j'ai essayé de me suicider. J'ai été révolté de la vie. Il savait pourquoi et l'a toujours caché. Tous mes problèmes partaient de lui », a affirmé la victime de Bailey qui mentionne que chacun de ses beaux souvenirs s'est terminé par des abus sexuels.
« Un jour, il va sortir de prison. Mais lui, il m'a volé ma vie, ma jeunesse au complet et une partie de mon futur », a ajouté l'une des victimes de Bailey.
Ronald Bailey a déjà été condamné par le passé à purger 47 mois de prison en septembre 2008 dans une affaire de drogue.