À une semaine de la légalisation du cannabis, la réglementation disciplinaire commence à peine à se préciser concernant la ligne de conduite que les corps policiers devront adopter pour leurs membres en matière de consommation.

Cannabis : les corps de police encore dans le flou

SHERBROOKE — À une semaine de la légalisation du cannabis, la réglementation disciplinaire commence à peine à se préciser concernant la ligne de conduite que les corps policiers devront adopter pour leurs membres en matière de consommation.

Ceux qui ont longuement lutté contre le trafic, la possession et la consommation de cette substance possèderont les mêmes droits d’en consommer que l’ensemble des autres citoyens.

La Ville de Sherbrooke ne fait pas d’exception pour les policiers dans sa politique en matière d’alcool, de cannabis, de drogues et de médicaments révisée le 1er octobre dernier.

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« La présente politique s’applique à tout le personnel de la Ville de Sherbrooke, sans distinction quant à leur statut. »

La politique exige que l’employé doit : « être apte à exercer sa fonction en toute sécurité, c’est-à-dire que ses facultés ne doivent pas être affaiblies par l’alcool, le cannabis, la drogue ou des médicaments alors qu’il est au travail ».

Le président de l’Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS), Éric B. Beaudoin, estime que cette politique n’est pas claire.

« Il n’y a rien de clair à l’image de tout ce processus de légalisation du cannabis. On se retrouve à devoir gérer les problèmes créés par cette nouvelle législation. Nous avons demandé en comité de relation de travail un protocole concernant ce droit de consommer du cannabis. Nous voulons que les balises soient claires. Nous attendons toujours une rencontre avec la direction du service de police à ce sujet », explique Éric B. Beaudoin.

L’APPS estime que toute la notion de facultés affaiblies en matière de cannabis reste ambiguë.

« Est-ce qu’une personne se retrouve avec les capacités affaiblies après avoir consommé un joint avant un quart de travail? Il y a aussi toute la question d’intrusion dans la vie privée avec les tests de dépistage. Sans compter la question de jugement possible par la direction pour un policier qui a consommé, même s’il a le droit, dans un milieu qui combattait les stupéfiants », signale Éric B. Beaudoin.

En novembre

La Régie de police Memphrémagog adaptera son règlement disciplinaire au prochain conseil d’administration au début du mois de novembre afin d’y inclure le cannabis, deux semaines après l’entrée en vigueur de la loi qui en légalise la possession.

« Ce sera la même politique qu’en matière d’alcool. Personne ne doit rentrer au travail sous l’effet de quelconque substance, que ce soit du cannabis, de l’alcool ou tout autre médicament. Nous voulons des employés qui sont à 100 pour cent de leurs capacités », soutient le directeur de la Régie de police Memphrémagog, Guy Roy.

M. Roy soutient que le règlement disciplinaire sera adapté en fonction des mesures de détection du cannabis.

Guy Roy mentionne que l’exécutif syndical a été rencontré dans la préparation des modifications du règlement disciplinaire pour y inclure la loi en matière de cannabis.

Pour le moment, les policiers de la Sûreté du Québec n’ont pas été informés de la politique en matière de consommation de cannabis.

À l’interne d’abord

« La politique de gestion concernant la consommation du cannabis sera présentée au personnel avant d’être communiquée à l’externe », mentionne la porte-parole de la SQ en Estrie, Aurélie Guindon.

Comme pour les autres corps de police, la politique concernant le cannabis devrait être similaire à celle concernant la consommation d’alcool.

Guy Roy de la Régie de police Memphrémagog rappelle que ce changement législatif pourrait avoir une incidence peu importe le corps de métier.

« Le métier de policier n’est pas le seul où les capacités ne doivent être aucunement altérées. Tous les employeurs devront y voir », estime Guy Roy.