La Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique, rappelle qu’il faut rester prudent malgré le refroidissement de la température.

Canicule : sept hommes sur les neuf décès

Ce sont maintenant neuf décès liés à la chaleur qui sont dénombrés sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie — CHUS. Bien que le mercure amorce une légère descente, la Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique, soutient qu’il ne faut pas baisser sa garde.

« On sait que les effets de la chaleur sur la santé peuvent perdurer de 24 à 48 h. Premièrement, parce qu’il y a une accumulation importante de chaleur dans les édifices. Deuxièmement, on sait qu’il y a un certain épuisement causé par la chaleur, surtout pour les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques. On doit continuer à garder un œil sur ces personnes-là », prévient la Dre Généreux.

Quant aux décès possiblement liés à la chaleur, sept d’entre eux étaient des hommes. Les âges des victimes varieraient entre la quarantaine et 93 ans.

« Ces décès sont tous survenus à domicile ou en communauté », précise la Dre Mélissa Généreux. Le nombre de morts dans toute la province s’élevait donc, vendredi matin, à 50 individus.

Au Québec, le bilan des décès « potentiellement » liés à la chaleur au Québec s’élève maintenant à au moins 50 morts, a confirmé vendredi matin l’attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Les signalements liés à la canicule auraient aussi augmenté radicalement depuis jeudi dans la région. Ce n’est plus une quarantaine, mais bien une soixantaine de cas qui auraient été signalés à ce jour. Ceux-ci sont communiqués en provenance des urgences, des transports ambulanciers ou directement du coroner.

« Je sais que vous allez dire, neuf décès, c’est beaucoup. Et le problème de la prévention c’est qu’on ne peut jamais démontrer ce qu’on a prévenu. Croyez-moi, il y aurait eu d’autres décès si nous n’étions pas intervenus. »

Des interventions ont été menées par l’établissement dans différents milieux, tels des CPE, des résidences pour personnes âgées, des événements de masse, des centres d’hébergement en dépendance, et des milieux de travail (en collaboration avec la CNESST).

Ces interventions en questions étaient ciblées à travers des signalements, ainsi que « toutes sortes d’appels ou toute forme d’indice comme quoi une situation pouvait être problématique », indique la Dre Généreux.

« On n’attendait pas nécessairement qu’un coup de chaleur se présente pour aller faire un tour. La plainte peut être pour des conditions ambiantes qui sont inconfortables. On allait avoir une discussion avec le milieu en question, pour s’assurer que toutes les bonnes mesures étaient prises. »

« Nous avons étés agréablement surpris que, dans la plupart des milieux, ce n’était pas le chaos, les gens étaient bien au courant de la situation », mentionne-t-elle.

Bris de climatisation

Il semblerait que même les installations du CIUSSS de l’Estrie — CHUS aient souffert de la canicule. Certains systèmes de climatisations auraient été poussés au-delà de leur capacité, ce qui a occasionné des pannes, comme dans la salle d’attente du CLSC de Weedon, qui est sans climatisation depuis une semaine.

Outre cette installation, l’Hôpital Fleurimont a été victime, dimanche dernier, d’une panne d’électricité occasionnée par Hydro-Sherbrooke. Les usagers et le personnel ont donc été privés de climatisation de 7 h 20 à 12 h 30.

Un bris de ventilation à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins a également forcé l’arrêt de la climatisation de 8 h à 11 h ce jeudi.